Sud-Kivu : des villages de Bibokoboko occupés par des Maï-Maï Biloze Bishambuke et Yakutumba

Une accalmie a été observée ce vendredi 15 octobre dans les moyens plateaux de Bibokoboko, au nord-ouest de la ville de Baraka, au Sud-Kivu. Durant deux jours, du mercredi 13 au jeudi 14 octobre, au moins douze villages ont subi les incursions des combattants de la coalition Maï-Maï, Biloze bishambuke et Yakutumba.   

Mercredi dernier, les Maï-Maï ont pris le contrôle et établi leurs positions dans les villages de Magunga, Muhebwa et Ngando, indiquent des sources locales.  

Après des violents combats de jeudi au village de Kabara entre les Maï-Maï Biloze bishambuke et les Gumino/Twirwaneho, les miliciens se sont déployés ce vendredi, vers Kabembwe, dans le secteur de Tanganyika, dans le territoire de Fizi. 

Le chef de village de Bibokoboko, Ngirumukiza David a nié catégoriquement la présence des groupes d’autodéfense Banyamulenge à Bibokoboko pour expliquer un éventuel affrontement. Il souligne que les villages ont été attaqués, et des civils sans défense ont été tués, qu’il n’y aurait eu aucun affrontement. Les combattants Gumino/Twirwaneho ne sont pas présents dans la zone, affirme-t-il. 

Les FARDC déployées en renfort dans la zone, le mercredi pour contrer l’action des combattants de la coalition Maï-Maï dans la zone, se sont repliées. Selon nos sources au sein de l’armée, il s’agissait d’un repli « stratégique » pour préparer une « nouvelle offensive ».  

L’objectif de l’attaque 

Des sources proches de Maï-Maï Biloze bishambuke et Yakutumba affirment avoir attaqué les villages de Bibokoboko pour étouffer l’ambition des Gumino/Twigwaneho d’étendre leurs bastions vers d’autres entités des moyens plateaux et du littoral pendant le déploiement des FARDC. 

Les miliciens Gumino/Twirwaneho de leur côté réfutent cette allégation. Ils estiment que ces attaques des Maï-Maï visent un « nettoyage ethnique ». 

Le bilan des attaques 

Les villages Lulimba et Kavumu ont été, durant les deux jours, le théâtre d’attaques des combattants Maï-Maï. Le chef local de Bibokoboko a fourni le bilan de quatre civils tués par balle le mercredi et quatre autres blessés. 

D’autres sources cependant parlent de six morts parmi les civils, dont deux femmes et plus de deux cents vaches pillées puis emmenées vers le village de Kilumbi, le même mercredi. 

Déplacement des populations 

Pendant ce temps, le chef local de Bibokoboko, Ngirumukiza David, lui-même en fuite, affirme que plusieurs centaines d’habitants ont déserté avec lui, pour se réfugier dans des milieux plus sûrs, notamment dans la ville de Baraka et les environs ou ils sont logés dans des familles d’accueil et dans de bâtiments d’église à Mushimbakye. D’autres habitants passent leurs nuits dans la brousse, précise la même source.  

Ces habitants ont fui l’invasion des Maï-Maï. Le jeudi, des civils continuaient à vider les villages de Kalele, Elola, Kalungwa, Kabara, Magunga, Mugorore et Bibokoboko, pour se diriger vers Kafulo, Baraka, Kanguli, Nakiele et les environs. D’autres ont pris la direction de Lusenda, sur le littoral du lac Tanganyika. 

Des sources locales de la société civile intervenant dans la région affirment que les enfants, les femmes, les personnes vivant avec handicap ainsi que les personnes âgées se trouvent dans des conditions difficiles dans les différents milieux de refuge.  

Des menaces contre les déplacés 

Par ailleurs, le maire Baraka, Jacques Mbotchwa, a convoqué le jeudi 14 octobre, une réunion urgente de sécurité à l’issue de laquelle il a appelé la population civile locale à ne pas provoquer les déplacés.  En effet, pendant leur arrivée en provenance de moyens plateaux, les déplacés internes, en majorité membres de la communauté banyamulenge, ont subi des humiliations, des menaces de la part des habitants de Baraka qui scandaient des chansons hostiles à la cohabitation pacifique. 

Ce comportement est condamné par société civile. Celle-ci appelle la population à la tolérance pour préserver un climat de paix dans la ville. 

Manipulation politique 

Bibokoboko était encore une zone des moyens plateaux de Fizi non touchée par les conflits à caractère ethnique, à Minembwe, Bijombo et Mulenge, jusqu’au moment où des cas de vols de bétails ont commencé à se répéter. Mais les hostilités sont montées d’un cran à peine un mois, lorsque la région du sud de la province du Sud-Kivu a été secouée par de messages et discours de haine ethnique et la manipulation politique, chaque leader voulant se confirmer au niveau de sa base en prévision du programme PDDRC-S. 

Ces groupes armés locaux ont donc profité du relèvement des troupes gouvernementales dans la zone pour essayer d’étendre le contrôle dans la zone. 

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