RDC : la ministre de la Justice ordonne la levée de la mesure d’interdiction de diffusion du clip « Nini to sali té »

La ministre de la Justice, Rose Mutombo, a ordonné, mercredi 10 novembre, à la commission nationale de censure des chansons et des spectacles (CNCCS) de lever sa décision interdisant la diffusion du clip « Nini to sali té » du groupe Musique populaire de la révolution (MPR). Elle indique que cette décision est « illégale et prise en l’absence des autres membres de la Commission », comme l’exigent les textes.

Selon la ministre Rose Mutombo, la composition de la Commission qui doit siéger en respectant le quorum doit tenir compte d’un comité de direction, des représentants-délégués des ministères, des services, confessions religieuses et associations sans but lucratif.

Or la décision portant interdiction du clip « Nini to sali té » a été prise en ne considérant qu’un seul rapport de service parvenu à la CNCCS, poursuit la ministre.

Dans une déclaration faite à Radio Okapi mercredi 10 novembre, la CNCCS se disait disposée à lever l’interdiction en cas de respect de la procédure. Selon le directeur de la CNCCS, Didi Kelekelo Imbamba, l’interdiction n’a de la diffusion de ces chansons n’a rien à voir avec le contenu, le message.

Des réactions pour condamner

L’interdiction de ces deux chansons par la Commission nationale de censure a suscité plusieurs réactions tant dans la classe politique que sociale congolaises.

Pour le député André-Claudel Lubaya, l’Etat de droit n’autorise pas la justice d’interdire la diffusion de la chanson « Nini to sali te », œuvre culturelle d’éveil des consciences. La censure est une pratique contraire à l’Etat de droit. Elle viole la liberté d’expression et rappelle les pratiques de type stalinien ».

L’ex-ministre PPRD Thoussaint Tshilombo Send pense quant à lui que la chanson « Nini tosali te » du groupe MPR est une interpellation de la société dans son ensemble. « Il nous faut un temps d’arrêt, de réflexion approfondie pour comprendre le véritable cri de ces jeunes », s’exprime-t-il.

Pour sa part, le député Steve Mbikayi renchérit : « L’œuvre est bonne, le tableau peint est réel, c’est l’interprétation des adversaires qui est fausse ! On ne peut pas imputer une misère vielle de 60 ans au régime actuel. »

Pour le mouvement citoyen Lucha, « Nini Tosali Te » est une « émouvante invocation de l’apathie des dirigeants successifs du Congo, et hélas, un cantique de désespoir ! ».

Les chancelleries se mobilisent

Sur le compte Tweeter de la délégation de l’Union européenne en RDC, on peut lire :

« Censurer et entraver la liberté d’expression et la création artistique. L’union européenne s’associe à l’indignation suscitée par les mesures prises par la Commission de censure à l’égard de plusieurs artistes congolais ».

Le message est repris in extenso par certaines chancelleries occidentales. Il s’agit des ambassades d’Allemagne, de France, de la République tchèque, de Swede…

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