Nord-Kivu : pas d’engouement chez les couturiers pendant les festivités de fin d’année

Les ateliers de couture sont vides pendant les festivités de fin d’année à Butembo. Cette année 2021 est différente des années antérieures, regrette vendredi 24 décembre Mapendo, un des couturiers de la ville du Nord-Kivu. Âgé d’une quarantaine d’années, il exerce son métier il y a 12 ans. Dans son atelier situé sur l'avenue Nyalianga, Mapeondo est devant sa machine de surfilage, bras croisés, le regard dans le vide.

Il se souvient de ces années où son atelier était envahi des clients tous plus pressés les uns que les autres, attendant la dernière touche sur le vêtement qu'ils comptaient porter le soir à la veillée de Noël.

« On avait des clients qui venaient prendre les habits en provenance de Beni, Oicha, Mangina, mais actuellement ils ne viennent plus, surtout pendant les fêtes comme ils venaient nombreux et c’était très rentable pour nous », se remémore Mapenda.

L'insécurité dans la région a mis fin à cette période faste, raconte-t-il.

« Mais aujourd’hui c’est compliqué. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de mettre fin à l’insécurité. Nous fournissons quand même beaucoup d’efforts avec le peu que nous recevons pour voir commente fêter », a ajouté le couturier.

C’est la même situation pour Masika, âgée de 52 ans et mère de quatre enfants, se désole-t-elle.

Les produits de la Chine dérangent

Selon, elle, il y a désintérêt de la population envers les couturiers parce que les habitants préfèrent de plus en plus les vêtements importés de Chine et de Turquie qui inondent les marchés de Butembo.

« Nous ne recevons pas de clients comme ceux de Beni ne viennent plus, ici à Butembo les gens ne s’intéressent pas beaucoup à nous, ils disent seulement qu’il y a une crise économique mais nous les voyons dans des boutiques pour acheter les habits, donc pour nous les fêtes ne passeront pas du tout bien », a relaté Mme Masika.

Cependant, pour Wivine, une jeune fille d’une vingtaine d’années qui n’a que deux ans dans le métier, tout va bien.

Elle dit qu’elle reçoit beaucoup de clients. Contrairement à ses aînés, elle s’est adaptée à l'évolution technologique. Elle met autant de soin dans la confection des vêtements que dans la communication.

Elle utilise les réseaux sociaux pour faire connaître son travail au plus grand nombre.

« Moi j’ai des clients, la clientèle dépend de la morale du couturier, il faut bien parler avec les clients pour les attirer, nous les couturiers nous ne cherchons pas beaucoup d’argents, seulement le peu là pour nous aider, alors je demande à d’autres couturiers d’être courageux », a indiqué Masika.

Que ce soit pour faire face au climat sécuritaire ou à la concurrence des habits bon marché importés de Chine, les couturiers de Butembo vont devoir faire preuve d'imagination et de créativité pour attirer des clients dans une ville connue pour son goût pour la fête.

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