Nord-Kivu : cris d’alarme des agriculteurs face à la persistance de l’insécurité

Plus de 70% des agriculteurs sont affectés par les effets de la guerre, qui touche quatre des six territoires de la province du Nord-Kivu depuis plusieurs années, a déploré la Fédération des organisations, producteurs agricoles du Congo (FOPAC), section du Nord-Kivu vendredi 22 décembre au cours d’une conférence de presse. 

À la suite de cette insécurité, selon la FOPAC, nombreux agriculteurs ont été contraints d’abandonner leurs champs pour se réfugier dans des centres urbains, a déploré la Fédération des organisations, producteurs agricoles du Congo (FOPAC), section du Nord-Kivu vendredi 22 décembre à Goma au cours d’une conférence de presse. 

La FOPAC dit avoir enregistré deux grandes difficultés relatives à la guerre que vit actuellement la province : l’accès difficile aux champs en milieu rural et la perception illicite de taxes au niveau des barrières.

Selon ce regroupement de paysans, près de 160 000 agriculteurs vivent actuellement hors de leurs champs.  Cette situation a entrainé non seulement l’insécurité alimentaire ; mais a ouvert également la porte à l’importation des denrées alimentaires des pays voisins.

Dans la ville de Goma, par exemple, le haricot vendu sur le marché vient de la Tanzanie, la pomme de terre vient du Malawi, alors que les fruits et les légumes proviennent du Rwanda, et à un prix très élevé, déplore la FOPAC.

A cette situation s’ajoute la perception des taxes. La FOPAC dit avoir enregistré dans le domaine agricole, vingt-six services étatiques percepteurs, selon Annette Sivitwa, sa chargée des plaidoyers.

Face à ce tableau, les agriculteurs réunis au sein de la FOPAC, demandent au Gouvernement de tout faire pour restaurer la sécurité dans les zones instables, pour permettre aux paysans congolais de « nourrir le monde et non permettre au monde de les nourrir ».

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