Déplacée d’Irumu (Ituri) et vivant actuellement à Beni, Desange Masika encourage les femmes de sa catégorie sociale à s’adonner aux activités génératrices pour leur autonomisation.
Réagissant jeudi 15 janvier à Radio Okapi, elle estime que le travail va restaurer la dignité de ces femmes :
« Il faut que ces femmes essayent de fabriquer le chikwangue comme moi, il ne faut pas avoir honte ».
A travers son courage et sa détermination, Desange Masika incarne un espoir pour des milliers de familles qui tentent de se reconstruire dans l'Est de la RDC.
Après avoir fui l’activisme des rebelles ADF à Irumu, cette femme mène une double vie à Beni.
Enseignante le matin et commerçante l'après-midi, cette mère de quatre enfants transforme son statut de déplacée en un modèle d'autonomisation au sein du quartier Bas-Congo, dans la commune de Mulekera.
Originaire de Mambelenga en Ituri, Desange a vu sa vie basculer en 2022 lors des attaques des Allied Democratic Forces (ADF). Arrivée à Beni sans ressources, elle a choisi de s'appuyer sur sa formation pour ne pas dépendre uniquement de l'aide humanitaire.
« J'avais terminé mes études en 2020. Quand j'ai fui les attaques, je me suis dit que je pouvais chercher un emploi dans l'enseignement », explique-t-elle.
Entre les bancs de l’école et le commerce de chikwangue
Le quotidien de Desange est une course contre la montre pour subvenir aux besoins essentiels de ses quatre enfants. Son emploi du temps est rigoureusement partagé entre sa passion pour l'éducation et la nécessité du commerce.
En effet, en matinée, elle dispense les cours au « Complexe scolaire de Mérite » et les après-midis, à partir de 14h, après la préparation de ses leçons, elle se consacre à la vente de chikwangues (pâte de manioc).
Grâce aux revenus générés par ces deux activités, elle parvient à financer la nourriture, l'habillement et les soins médicaux de sa famille. Pour elle, chaque jour travaillé est une victoire sur l'adversité et l'exil.








