
Un glissement de terrain a frappé, mardi 3 mars, le site minier de Gasasa, situé à cinq kilomètres de Rubaya-Centre, dans le territoire de Masisi(Nord-Kivu). Alors que les recherches se poursuivent, les habitants redoutent un bilan bien supérieur aux 200 victimes, un chiffre estimé sur la base du nombre de personnes qui travaillent quotidiennement dans cette carrière artisanale.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’accès à l’information est verrouillé. Les autorités locales interdisent toute communication autour du drame et interpellent les témoins ayant filmé la scène.
Ce mercredi matin à Rubaya, l’atmosphère est pesante. Dans les avenues de cette cité minière, de nombreuses familles sont sans nouvelles de leurs proches restés sur le site au moment de l’effondrement. Sur le terrain, les recherches se sont organisées dans l’espoir de retrouver des survivants ou d’extraire les corps ensevelis sous la terre.
Parmi les victimes potentielles figurent non seulement des creuseurs, mais aussi des petits commerçants installés sur le site pour vendre eau, nourriture ou outils aux exploitants artisanaux.
Un drame sur un site déjà classé dangereux
Le glissement s’est produit mardi vers 15 h 30. Les témoins affirment qu’il ne pleuvait pas au moment de l’éboulement, mais que le danger était visible : l’endroit était marécageux, instable et fragilisé par les excavations successives.
Les habitants s’interrogent : « pourquoi les autorités n’ont-elles pas interdit l’accès à cette zone rouge ? »
Le questionnement est d’autant plus vif que ce même carré minier de Gasasa, riche en coltan, avait déjà été frappé par un éboulement meurtrier faisant plus de 400 morts, le 28 janvier dernier, selon les informations rapportées par des sources locales et gouvernementales.
Quelques jours seulement après ce premier drame, les creuseurs étaient revenus travailler sur le site, faute d’alternative économique.
Un climat de tension autour de l’information
Autour de ce nouvel accident, la communication est limitée. Plusieurs témoins affirment que des personnes ayant filmé ou photographié la scène ont été interpellées par les rebelles qui ont occupent la zone.
Des vies fauchées dans une mine où l’activité ne s’arrête jamais
Les conditions de travail dans les mines artisanales du Nord-Kivu mais aussi d’autres provinces du pays sont connues pour être extrêmement dangereuses.
Chaque jour, des centaines de creuseurs descendent dans des puits profonds, creusés sans normes de sécurité, sur des terrains instables fragilisés par des années d’exploitation.
À Gasasa comme ailleurs dans le Masisi, l’exploitation artisanale reste la seule source de survie pour de nombreuses familles, malgré les risques mortels qui y sont associés.








