De receveur de bus à la direction de Transco : l’ascension inspirante de Solange Kabedi Odra

Lorsqu’elle franchit les portes de Transco en 2014, Solange Kabedi Odra ne se doute pas que son histoire deviendra un exemple pour des milliers de femmes congolaises. Juriste de formation, elle revient sur le marché du travail après dix années consacrées à sa famille. Elle affirme alors en ce mois dedié aux droits des femmes : « Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens ».

Le concours d’entrée à l’entreprise publique de transport Transco attire plus de 16 000 candidats ; seuls 722 sont retenus. Solange Kabedi Odra fait partie de celles qui saisissent leur chance. Elle débute comme receveuse de bus, un poste exigeant qu’elle choisit en connaissance de cause :

« Je me suis dit : je commence quelque part. Un jour, je vais faire valoir mon diplôme ».

Très vite, elle découvre la rigueur du métier : se lever à 2 heures du matin, affronter des centaines d’usagers chaque jour, apprendre la rapidité et l’autocontrôle.

« On nous apprend vraiment la résilience… la maîtrise de soi », raconte-t-elle.

À ses débuts, certaines journées lui imposent jusqu’à 400 passagers :

« Cela veut dire que je voyais 400 personnes certains jours, chacune avec son tempérament ».

De la cabine d’un bus à un bureau de direction

Grâce à son sérieux et à sa capacité d’adaptation, elle rejoint ensuite les ressources humaines, où elle occupe successivement plusieurs postes : gestionnaire des receveurs, des contrôleurs, des conducteurs, puis assistante du directeur général.

En 2023, elle devient la première femme directrice à Transco, une étape historique dans l’entreprise. Elle accède ensuite à la fonction de directrice générale adjointe, puis de directrice générale par intérim.

Mais ce parcours remarquable n’a pas été exempt de barrières liées au genre.

« Quand une femme est promue, on veut savoir qui est derrière elle. On ne voit pas nos diplômes, ni notre parcours », déplore-t-elle.

Et d’ajouter : « Chaque jour, on est obligées de prouver notre compétence ».

Pour Solange Kabedi, son plus grand défi a toujours été clair :

« Mon plus grand défi, c’était de prouver que je suis capable, que je suis compétente ».

Aujourd’hui, elle encourage les jeunes femmes à oser, même si le point de départ semble modeste :

« Il faut oser. Commencer quelque part. Se donner de la chance et ne pas désespérer ».

Elle insiste également sur l’importance de l’apprentissage continu :

« On ne peut pas se fatiguer de se former. À un moment donné, ce sont les qualifications qui comptent ».

Son parcours, de la cabine d’un bus à un bureau de direction, est devenu une source d’inspiration pour les femmes de Transco.

« Les femmes à Transco savent maintenant que si elles se battent, elles peuvent arriver », affirme-t-elle avec fierté.

Aujourd’hui encore, son histoire rappelle que l’audace, la formation et le travail acharné peuvent ouvrir toutes les portes, même celles qui semblent les plus inaccessibles.

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