Des opérateurs économiques redoutent une hausse des prix après l’instauration d’une nouvelle taxe à Beni

Des opérateurs économiques de Beni (Nord‑Kivu) redoutent une flambée généralisée des prix à la suite de l’instauration d’une nouvelle taxe dénommée « taxe garantie santé ».

Réunis au sein de l’Association congolaise des commissaires agréés en douane et opérateurs économiques, ces commerçants ont dénoncé, jeudi 16 avril, les conséquences directes de cette mesure sur le pouvoir d’achat des populations, déjà éprouvées par des décennies de conflits armés dans la région.

Ils se plaignent également de l’augmentation du coût de la déclaration des marchandises, consécutive à une décision du gouvernement congolais.

Le président de cette structure, Eugène Kakule Matembela, affirme avoir constaté l’apparition d’une taxe perçue au titre de la santé et de l’hygiène, mais appliquée à des produits de première nécessité.

« Nous craignons effectivement une flambée des prix dans tous les secteurs, car cette taxe ne concerne pas seulement les produits de première nécessité. Le carburant, qui se vendait à 2 300 francs congolais le litre, est passé à 5 600 francs. Du côté des exportateurs également, le quinquina est désormais frappé d’une taxe de 7,5 dollars par tonne. Finalement, tous les secteurs de la vie sont touchés par cette nouvelle taxe. Aux autorités compétentes, nous demandons de se ressaisir, car trop de taxes tue l’impôt. Nous avons déjà trop de taxes, et on ne peut pas construire un pays uniquement à travers la fiscalité », s’est-il plaint.

Cet opérateur économique estime qu’il existe d’autres mécanismes de mobilisation des recettes publiques sans multiplier les taxes.

Eugène Kakule Matembela appelle par ailleurs les autorités de cette partie du pays à porter un regard attentif sur la population, qui vit déjà avec un pouvoir d’achat très faible.

Les opérateurs économiques et déclarants en douane annoncent leur intention de rencontrer les autorités provinciales du Nord‑Kivu afin d’aborder cette question, avant d’envisager éventuellement d’autres actions.

A ce stade, aucune explication officielle n’a encore été fournie par les autorités compétentes concernant l’instauration de cette nouvelle taxe.

Hausse des prix de certaines denrées

Au marché central de Kilokwa, la hausse du prix de la pomme de terre est bien visible sur les étals. Le kilo se vend désormais à 2 500 francs, contre 900 francs il y a quelques mois. Les vendeuses évoquent une baisse de la production et la présence d’insectes dans les champs.

 « Il y a une augmentation des consommateurs de pommes de terre, et ici nous ne pouvons plus beaucoup récolter. Il y a aussi beaucoup d’insectes qui attaquent les cultures dans les champs. Avant, un kilo coûtait 900 francs, mais aujourd’hui, c’est 2 500 francs, c’est le prix actuel », a expliqué une commerçante.

Du côté de la viande de bœuf, les prix sont également en nette augmentation.

Les bouchers parlent notamment de la hausse des taxes et des conditions difficiles d’approvisionnement :

« Le prix de la viande est en hausse à cause de l’appréciation du du franc congolais, de la multiplication des taxes et aussi de la sécheresse. La viande que nous vendons vient de l’Ouganda, en passant par la frontière de Kasindi. Avant, un kilo coûtait 10 000 francs, mais aujourd’hui, c’est 15 000 francs. »

Face à cette situation, les consommateurs adaptent leurs habitudes alimentaires, réduisant parfois leurs achats.

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