
Revue de presse kinoise du mercredi 27 mai 2026.
Deux sujets reviennent à la Une des journaux parus ce mercredi dans la capitale congolaise : le lancement des travaux d’élaboration des normes nationales de construction dans le secteur des infrastructures et travaux publics, ainsi que l’insalubrité autour du marché central de Kinshasa.
Face aux effondrements récurrents de bâtiments, à l’urbanisation désordonnée et à la fragilité de nombreuses infrastructures publiques, souligne Infos 27, le gouvernement congolais engage une réforme technique de grande ampleur. Ce quotidien rapporte que la Première ministre Judith Suminwa a lancé mardi à Kinshasa les travaux d’élaboration des normes nationales de construction dans le secteur des infrastructures et travaux publics. Portée par le ministre John Banza, précise le journal, cette initiative vise à doter la RDC d’un référentiel technique adapté aux réalités locales afin de renforcer la qualité, la sécurité et la durabilité des ouvrages publics et privés dans un pays confronté à de lourds déficits en matière d’encadrement urbanistique. Ce tabloïd estime que cette réforme intervient dans un contexte marqué par la multiplication des constructions anarchiques, les défaillances techniques de certains ouvrages publics et les inquiétudes croissantes autour de la sécurité des infrastructures dans plusieurs villes du pays.
La Référence Plus cite le ministre des Infrastructures, John Banza Lunda, qui, lors de sa prise de parole à la tribune de ce forum, a longuement insisté sur l’importance capitale de ces travaux avant de déclarer : « Les pays ont besoin de règles claires, d’exigences techniques crédibles et d’un système de normalisation qui parle le langage du terrain autant que celui de l’excellence. » Dans les colonnes de ce quotidien, ce membre du gouvernement a détaillé la mission confiée à la commission : « Elle devra produire un référentiel national rigoureux adapté aux spécificités de notre territoire, à notre climat, à nos sols, à notre hydrographie, à nos matériaux locaux et à nos priorités de développement ».
Pour la Première ministre, fait remarquer AfricaNews, cet atelier dépasse le cadre technique car c’est un acte politique. Reprise dans les lignes de cet hebdomadaire, Judith Suminwa a déclaré : « Cet événement dépasse le cadre d’un simple atelier technique. Il marque une étape importante dans la volonté du gouvernement de doter notre pays d’un cadre normatif national moderne, cohérent, digne et adapté aux exigences de notre développement. » À cette occasion, indique le portail, la cheffe du gouvernement a revendiqué une rupture avec la dépendance aux standards étrangers : « La RDC ne peut pleinement bâtir son développement sur une dépendance permanente à des référentiels qui ne tiennent pas toujours compte de nos réalités. Nous devons désormais affirmer notre capacité à penser, définir et encadrer nous-mêmes les normes qui guideront la construction de nos routes, ponts, aéroports, ports, bâtiments et réseaux », a-t-elle insisté, selon ce tabloïd.
Lenteur dans les travaux de rénovation du marché central de Kinshasa
Sur un autre chapitre, Congo Nouveau s’étonne du maintien du gouverneur de Kinshasa malgré sa mauvaise gestion, marquée par les retards persistants dans la rénovation des routes, l’absence de visibilité sur la gestion de la capitale, les embouteillages non maîtrisés et les critiques autour du chantier du nouveau Marché Central. Cet hebdomadaire souligne que la gestion du gouverneur Daniel Bumba est de plus en plus contestée. Pourtant, constate le journal, malgré la pression politique et les frustrations populaires, le président Félix Tshisekedi continue de lui accorder sa confiance. Selon Congo Nouveau, cette posture de l’UDPS face à ce gouverneur contesté pourrait peser sur le bilan présidentiel. Présenté comme un projet phare de modernisation de la capitale, rappelle ce tabloïd, le chantier du nouveau Marché Central de Kinshasa peine à convaincre.
Le Quotidien rappelle que le chef de l’État avait souligné, devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès, que ces dysfonctionnements mettent en danger la vie des habitants, notamment à cause des risques sanitaires liés aux maladies hydriques. Ce portail note que Félix Tshisekedi avait également qualifié la crise de mobilité à Kinshasa, non plus comme un simple désagrément, mais comme un véritable défi national de gouvernance nécessitant des décisions urgentes.
Pour sa part, L’Avenir rapporte que le gouvernement provincial de Kinshasa a désormais trois obligations urgentes. Selon ce quotidien, Daniel Bumba et son équipe doivent :
- évacuer et maintenir dégagés les abords de Zando et les avenues environnantes, de manière permanente ;
- sanctionner sans distinction les commerçants, transporteurs et services défaillants qui entretiennent le désordre ;
- mettre en place un dispositif de suivi avec des responsables identifiés et révocables en cas d’échec.
Ce quotidien estime que les Kinois n’ont plus besoin de discours mais plutôt de marcher sur des trottoirs propres, respirer un air sain et voir leurs impôts servir à quelque chose de concret. « Zando est un test grandeur nature », conclut L’Avenir.







