
Les communautés chrétiennes et musulmanes de la ville de Beni, au Nord-Kivu, s’engagent activement dans la lutte contre la maladie à virus Ebola. Face à la menace persistante de cette épidémie qui touche la ville, plusieurs églises ont mis en place, depuis quelques jours, des dispositifs de prévention afin de protéger leurs fidèles.
À l’entrée de nombreux lieux de culte, des installations de lavage des mains ont été déployées. Des équipes équipées de thermomètre à laser procèdent également à la prise systématique de la température des fidèles avant leur accès aux églises et mosquées.
Afin de limiter les risques de contamination, certaines paroisses optent pour la distanciation physique et sociale, en plus des mesures d’hygiène. Elles ont adapté leur organisation en multipliant les célébrations. Les fidèles sont répartis en plusieurs groupes pour éviter les rassemblements trop denses.
D’autres communautés ont choisi d’utiliser les espaces extérieurs. Une partie des fidèles assiste ainsi aux offices dans les cours des églises, afin de réduire la promiscuité à l’intérieur de ces édifices et mieux respecter la distanciation physique.
Devant la plus grande paroisse de l’église catholique de Beni, par exemple, la vigilance est de mise : le lavage des mains est obligatoire à l’entrée. Les poignées de main sont strictement interdites, même lors de la célébration de la messe créant ainsi une distanciation sociale qui limite les risques de propagation du virus.
À Madrandele, dans la communauté adventiste, les mesures de riposte sont appliquées avec rigueur. Des diacres sont postés à l’entrée, veillant au respect des gestes barrières et au contrôle de la température.
À l’intérieur, des bandes isolantes ont été installées sur les bancs afin de garantir la distanciation physique entre les fidèles.
Jacques Migheri, chargé de développement de cette communauté, souligne le niveau de vigilance :
« Nous sommes vraiment en alerte, car nous avons déjà mis en place une équipe de riposte. Sur le plan logistique, nous disposons de moyens comme des lavabos et des thermoflashs. Nous insistons aussi sur le respect des mesures barrières et la sensibilisation régulière de nos membres pour limiter la propagation de l’épidémie. Nous recevons chaque sabbat plus de 700 personnes. Actuellement, nous avons réduit ce nombre de moitié et les autres fidèles sont installés dans la cour afin de respecter la distanciation d’un mètre ».
Partout, les responsables religieux s’efforcent de sensibiliser les fidèles et de faire respecter les gestes barrières, dans un contexte où la vigilance reste essentielle.
Malgré ces efforts, plusieurs leaders religieux regrettent le manque d’accompagnement des autorités compétentes. Ils soulignent notamment l’insuffisance de matériel de prévention et le besoin de renforcer les campagnes de sensibilisation auprès des communautés.
Une lutte collective indispensable
Face à Ebola, la mobilisation des confessions religieuses apparaît comme un relais important dans la prévention au sein des populations. Toutefois, ces initiatives nécessitent un appui plus soutenu des pouvoirs publics pour être durables et efficaces.
Dans une ville où les rassemblements religieux occupent une place centrale dans la vie sociale, l’implication des communautés reste un levier crucial pour contenir la propagation de l’épidémie.
La ville de Beni comptait à la date du 4 juin 5 cas confirmés d’Ebola dont 3 décès, selon le ministère de la Sante publique.








