
Le calme est revenu ce lundi matin 8 juin dans la commune rurale de Lubutu, à environ 365 km de Kindu (province du Maniema), après un week-end marqué par de violents affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les miliciens Wazalendo du général autoproclamé Alfani Bukuyu. Le bilan provisoire fait état de six morts, plusieurs blessés et d’un déplacement massif de la population vers la forêt.
Selon des sources locales, les éléments Wazalendo ont mené une incursion armée dans la commune de Lubutu, avec pour objectif principal de piller le dépôt d’armements de l’armée. S’en est suivi un affrontement causant la mort de deux Wazalendo et d’un militaire. Face à la résistance des FARDC, les assaillants ont échoué dans leur tentative. Dans leur fuite, ils ont ouvert le feu à l’aveugle sur des civils, tuant sur le coup deux personnes. Une troisième a succombé ce lundi à ses blessures. Plusieurs autres sont blessées. Un bilan établi par le ministre provincial de l’Intérieur. Cette fusillade a semé la panique dans cette localité.
Menace sur les examens du TENASOSP
Cette nouvelle flambée de violence crée une vive désolation au sein de la communauté, particulièrement à la veille des épreuves du Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP).
Le ministre provincial de l’Intérieur du Maniema a condamné les agissements de cette milice, qui plonge la jeunesse locale dans la psychose, tout en rassurant que des mesures sont prises pour garantir la tenue des examens :
« Déjà, les enfants sont en train de se préparer pour passer l’examen du TENASOSP, mais c’est toujours le même monsieur Bukuyu qui crée des problèmes, en menant encore une incursion et en plongeant la population dans la psychose. Nous appelons la population au calme et les enfants à se préparer. Nous sommes déjà en train de prendre contact avec les autorités de l’éducation pour voir comment organiser les choses afin que les enfants puissent passer cet examen en toute quiétude », a-t-on appris des autorités provinciales.
Appels à l’implication des élus et du gouvernement
Face au drame humanitaire qui se joue dans les forêts environnantes, où des centaines de familles se sont réfugiées sans assistance et exposées aux intempéries, les voix s’élèvent pour réclamer une action politique urgente.
Stanislas Oleko, député national honoraire élu de Lubutu, recommande une descente immédiate des autorités et des représentants du peuple pour dialoguer avec le chef milicien :
« Actuellement, il faut que les élus, tant au niveau national que provincial, se rendent à Lubutu afin de parler avec Monsieur Bukuyu. Ces élus ont le mandat de la population de Lubutu, laquelle est en train de souffrir dans la forêt, sous les intempéries, sans aucune assistance, alors qu’il y a eu mort d’homme et des blessés », a-t-il plaidé.
Alors que le gouvernement provincial réitère son engagement à restaurer l’ordre public, la société civile et les notables locaux multiplient les appels auprès du gouvernement central afin qu’il s’implique de manière définitive dans la résolution de la problématique des groupes armés dits « Wazalendo » dans cette partie de la province du Maniema.







