La circulation est totalement interrompue sur la Route nationale 44 (RN44) à la suite de l’effondrement, dimanche 7 juin 2026, du pont Ituri 2. Cet ouvrage stratégique, qui relie les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, a cédé sous le poids d'un camion transportant des marchandises. Cet incident majeur perturbe gravement les opérations militaires contre les rebelles des ADF ainsi que l’approvisionnement économique de plusieurs provinces.
Réhabilité il y a seulement deux ans par l'Office des routes sur financement du gouvernement, le pont Ituri 2 était, selon la société civile de Mambasa, l'objet d'alertes répétées concernant le non-respect du tonnage autorisé. Pour les forces vives, l'effondrement de cet ouvrage résulte de la léthargie des services compétents.
La rupture de ce lien routier entrave directement les capacités de mouvement des Forces armées de la RDC (FARDC).
Les autorités militaires éprouvent désormais d'importantes difficultés à mener des interventions rapides dans certaines zones, notamment vers Biakato, où les rebelles des ADF ont intensifié leurs attaques ces dernières semaines.
En outre, cet effondrement pourrait entraver la riposte contre l’épidémie d’Ebola. Des sources locales craignent que cette coupure ne limite l’acheminement du personnel soignant et du matériel médical vers les foyers de l'épidémie.
Marie-Noëlle Anotane, représentante de la société civile, exprime l'inquiétude de la population :
« Vraiment, nous regrettons ce pont qui s’est encore effondré en moins de deux ans. Ça va encore impacter l'économie de la population. Les autorités militaires auront de la peine à faire des interventions rapides dans cette zone en proie aux ADF. Nous interpellons les autorités pour qu’elles prennent au sérieux cette situation ».
Un impact économique régional majeur
Sur le plan économique, l'effondrement du pont perturbe l'acheminement des produits en provenance du Nord-Kivu vers de nombreuses agglomérations de l'Ituri, de la Tshopo et du Haut-Uele. Ces entités dépendent largement de cet axe pour leur approvisionnement en marchandises. La société civile appelle le gouvernement à intervenir d'urgence pour rétablir la circulation sur cette route vitale.








