Le bureau de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental convoqué d’urgence à Kinshasa

Le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur a convoqué à Kinshasa tous les membres du bureau de l’Assemblée provinciale du Kasaï-Oriental. Cette décision, contenue dans un télégramme officiel envoyé mardi 9 juin 2026, intervient après de graves tensions et des scènes de violences au sein de l’hémicycle à Mbuji-Mayi. Par conséquent, la séance plénière prévue le même mardi a été renvoyée sine die.

Les membres du bureau de l’organe délibérant doivent rejoindre la capitale dès ce mercredi. Cette convocation suspend brutalement le calendrier des travaux de l'Assemblée provinciale.

La plénière de ce mardi s'annonçait pourtant décisive. Les députés devaient examiner plusieurs dossiers brûlants, notamment l’adoption d’une résolution pour lancer des audits parlementaires sur la gestion de l’exécutif provincial, de la Direction générale des Recettes du Kasaï-Oriental (DGRKOR) et de la mairie de Mbuji-Mayi, pour la période allant de 2025 à ce jour.

Crise de confiance au sein du bureau

Le climat politique s'est fortement détérioré autour de la question du contrôle parlementaire. L'ordre du jour annulé prévoyait aussi l'adoption du procès-verbal de la séance précédente, marquée par le retrait de confiance de plusieurs députés envers le vice-président de l’Assemblée provinciale. Il lui est reproché des manquements graves, spécifiquement le blocage de l'organisation des missions de contrôle, pourtant prioritaires pour cette session.

Des scènes de chaos à l'hémicycle

La tension a atteint son paroxysme vendredi dernier lors d'une séance qui a basculé dans le chaos. 

Des échanges houleux ont éclaté entre élus, et le lutrin de la salle des sessions a même été renversé, obligeant le président de séance à suspendre les débats.

À l’origine de cette colère : un désaccord profond sur le calendrier. Plusieurs députés s’opposaient fermement au lancement d'audits globaux à seulement quinze jours de la clôture de la session ordinaire. 

La contre-proposition du vice-président de l'organe délibérant, qui souhaitait imposer un contrôle parlementaire spécifique, a fini de mettre le feu aux poudres.

C'est pour désamorcer cette crise institutionnelle majeure que le pouvoir central a décidé de convoquer les animateurs de l'Assemblée provinciale à Kinshasa.

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