
Après plus d'une année d'enquêtes et de consultations dans le territoire de Beni, la commission ad hoc chargée d'examiner les litiges liés aux limites du Parc national des Virunga (PNVi) a remis, vendredi 17 juillet, son rapport au gouverneur du Nord-Kivu. Le document recense 17 conflits fonciers opposant les communautés locales à l'aire protégée et recommande notamment la révision de la loi définissant les limites du parc, jugée aujourd'hui inadaptée à certaines réalités du terrain.
Les travaux de la commission se sont déroulés dans les chefferies de Bashu et de Mbau, ainsi que dans le secteur de Rwenzori et le groupement de Watalinga, dans le territoire de Beni. Selon les enquêteurs, plusieurs différends portent sur l'occupation des terres entre les populations riveraines et le parc.
Président de la commission ad hoc, le magistrat Gustave Mayila rappelle que le Parc national des Virunga constitue à la fois un patrimoine mondial et une richesse nationale qu'il convient de préserver tout en tenant compte des préoccupations des communautés locales.
« Ce que les gens doivent retenir, c'est que le Parc national des Virunga est un patrimoine de l'UNESCO. C'est un patrimoine international, mais c'est avant tout notre parc. Il existe de petits conflits liés aux limites entre la population et le Parc national des Virunga », a-t-il expliqué.
Au terme des investigations, la commission est arrivée à la conclusion que certaines terres traditionnellement occupées par les communautés se retrouvent aujourd'hui à l'intérieur des limites du parc, tandis que des portions de l'aire protégée sont exploitées par les populations.
« Nous sommes arrivés à la conclusion qu'il y a, d'une part, des espaces des populations qui ont été occupés par le parc national et, d'autre part, des espaces du parc qui ont été occupés par la population », a précisé Gustave Mayila.
Face à ces constats, les membres de la commission proposent plusieurs pistes de solution destinées à réduire les tensions et à clarifier la délimitation des espaces concernés. Parmi les principales recommandations figure la révision de la loi ayant créé le Parc national des Virunga.
Selon le président de la commission, ce texte, adopté il y a plusieurs décennies, ne répond plus totalement aux réalités actuelles observées sur le terrain.
« La loi qui crée le Parc national des Virunga est une ancienne loi qui mérite une modification, une révision. Ce n'est pas à la commission de procéder à cette révision, ni au gouverneur de Province. Cette tâche est réservée au législateur. Et le législateur, c'est le Parlement », a-t-il souligné.
Les enquêtes ont mobilisé plusieurs acteurs locaux, notamment les chefs coutumiers, les notabilités locales, les services d'archives, les organisations de la société civile, des députés provinciaux ainsi que d'autres parties prenantes concernées par la question foncière et la gestion du parc.
Cette commission avait été mise en place l'année dernière lors d'un forum organisé à Beni entre les communautés riveraines et les gestionnaires du Parc national des Virunga.
La remise de ce rapport ouvre désormais la voie à d'éventuelles démarches institutionnelles visant à examiner les recommandations formulées, avec pour objectif de prévenir les conflits récurrents entre les populations riveraines et le Parc national des Virunga dans le territoire de Beni.






