Dr Muyembe demande au Gouvernement de renforcer le système de surveillance sanitaire

Le directeur de l'Institut National de Recherche Biomédicale (INRB), Dr Jean-Jacques Muyembe, appelle le Gouvernement congolais à renforcer le système national de surveillance des maladies pour permettre une détection plus rapide des épidémies, surtout dans les zones en conflit comme l'Ituri. Il l’a affirmé mardi 15 septembre à Bunia où il séjourne. Selon lui, le retard dans l'identification de la souche Bundibugyo du virus Ebola a compliqué la riposte.

Pour le docteur Jean-Jacques Muyembe, le système de surveillance des épidémies en RDC reste très inefficace. Selon lui, le retard dans la détection de la souche Bundibugyo du virus Ebola en Ituri a favorisé la propagation de la maladie et compliqué la riposte.

Il appelle les autorités à renforcer la surveillance sanitaire pour mieux prévenir les prochaines épidémies :

« Les soutiens traditionnels, sur lesquels nous sommes toujours basés pour lutter contre l'épidémie, ne conviennent plus. La maladie a commencé certainement vers le mois de janvier-février. Mais, nous avons réagi au mois de mai, ce qui veut dire que le système n'a pas fonctionné. C'est une leçon que nous devons tirer. Et pour l'avenir, nous devons vraiment renforcer notre système de surveillance ».

Le directeur de l'INRB attribue cette situation à plusieurs facteurs :

  • l'insécurité
  • la fermeture de plusieurs structures de santé en Ituri
  • le manque de financement
  • l'absence de laboratoires pleinement opérationnels.

Il cite notamment le laboratoire de Bunia, déjà construit et équipé, mais toujours en attente de son inauguration :

« Dans cette province où vous avez des conflits armés, le système de santé s'est écroulé, manque aussi de financement. Et vous avez la chance, vous avez un grand laboratoire qui est là. Donc, vous devez travailler ensemble autour de ce laboratoire pour vite détecter la maladie et organiser la lutte ».

D’après le docteur Muyembe, on ne doit plus avoir un virus qui s'introduit dans une communauté et qui reste indétectable pendant cinq mois ou six mois.

Ces faiblesses du système de surveillance sanitaire s'observent également dans plusieurs autres provinces du pays, selon des sources médicales.

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