Journée internationale des enseignants: plaidoyer à Kinshasa, campagne de la gratuité à Bukavu


Célébration de la journée mondiale des enseignants au Carrefour des jeunes à Matonge/Kinshasa

A l’occasion de la célébration ce mardi 5 octobre de la journée internationale des enseignants et de l’enseignement, l’intersyndicale nationale des enseignants a plaidé, à Kinshasa, pour l’amélioration des conditions de travail dans ce secteur, alors qu’à Bukavu, au Sud-Kivu, était lancée la campagne de la gratuité de l’enseignement au niveau de trois premières années primaires.

A Kinshasa, la cérémonie a eu lieu au Carrefour des jeunes, à Matonge.

Tout a démarré par un chant  en chœur des enseignants présents. Contenu du chant: «Venez voir l’enseignement congolais en danger.»

Et ce danger se traduit notamment par le traitement salarial insignifiant.

Avant le réajustement de l’enveloppe salariale en juillet dernier, un enseignant du secondaire touchait environ l’équivalent en francs congolais de 50 dollars américains par mois, à Kinshasa, et moins dans les provinces.

Et à partir de cette période, les enseignants ont vu leur salaire augmenter de 10 dollars.

Donc, l’enseignant congolais touche en moyenne 5% des émoluments d’un député national.

Une marginalisation pure et simple, disent les enseignants.

“Nous sommes mal payés, imaginez que nous sommes tous des universitaires, nous formons même ceux-là qui ont des postes plus élevés, mais ile ne tiennent pas compte de nous, je touche environ  62 dollars,” se plaint une enseignante, avant qu’un collègue mâle ne renchérisse: “Nos familles sont en train de souffrir, aujourd’hui nous enterrons les enseignants sans cercueils.”

Malgré tout,l’ intersyndicale nationale des enseignants invite ses affiliés à renouveler leur engagement en bannissant toute immoralité dans leur carrière.

Jean-Bosco Puna, leur porte-parole l’a souligné:

“Nous demandons aux écoles de ne pas se transformer en régies financières. Aujourd’hui, nos écoles sont devenues des lieux d’immoralité et de la corruption.”

Un avertissement tout de même.

Le gouvernement doit respecter ses propres engagements, notamment uniformiser les salaires des enseignants de toute la République d’ici le 10 octobre 2010.

Faute de quoi, indique l’intersyndicale, l’enseignement congolais connaître des perturbations.

Campagne de la gratuité

Pendant ce temps, à Bukavu, le ministre provincial de l’Education du Sud-Kivu procédait au lancement de la campagne de la gratuité de l’enseignement au niveau des trois premières classes de l’enseignement primaire.

La cérémonie a été organisée par le Syeco (Syndicat des enseignants du Congo), section locale, à l’Institut d’Ibanda.

Le thème de la conférence débat organisée à ce propos en dit long: «Mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire pour les classes des 1ere, 2e et 3e primaires, un pas vers l’amélioration de notre système éducatif.»

Le ministre provincial de l’education, Matwara Nzabazande a été catégorique: les parents ne doivent rien payer cette année pour les trois classes ciblées.

Pourtant, l’Anapeco (Association nationale des parents d’étudiants et élève du Congo) du Sud-Kivu semble ne pas être rassurée, à l’image de son président adjoint, l’Ir Déogracias Mushamara qui a émis quelques craintes quant aux mesures d’encadrement de cette décision.

“Certaines écoles menacent déjà les élèves. C’est pour cela que nous avons demandé à l’autorité de hâter avec les mesures d’encadrement pour barrer la route à ceux-là qui veulent saper la décision du chef de l’Etat,” a-t-il laissé entendre.

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