Force neutre: les experts congolais accusent leurs homologues rwandais de refuser l’implication de l'Onu

Bunagana, Nord Kivu, le 16 mai 2012, les forces spéciales jordaniennes sécurisent le périmètre de déploiement après les affrontements armés entre FARDC et les mutins qui occasionné la fuite de la population en Ouganda voisin malgré le déploiement des casques bleus- Ph. Sylvain Liechtin

Le sommet des chefs d’Etat des Grands lacs consacré à l’insécurité dans l’Est de la RDC doit s’ouvrir ce vendredi 7 septembre à Kampala (Ouganda). Certaines sources diplomatiques indiquent que les chefs d’Etat devraient notamment discuter du renforcement du mandat de la Monusco pour qu’elle assure la sécurisation de la frontière entre la RDC et le Rwanda. Au cours de la réunion préparatoire qui se tient ce jeudi dans la capitale ougandaise, les experts congolais de la défense ont accusé leurs homologues rwandais de refuser l’examen de la proposition des ministres de la Défense des Grands lacs, réunis en août dernier à Goma, sur l’implication des Nations unies et de l’Union africaine dans la force neutre qui doit être déployée entre la RDC et le Rwanda pour lutter contre les groupes armés actifs dans cette partie du continent.

Selon les représentants congolais, les Rwandais voudraient imposer l’examen du rapport des mêmes ministres de la Défense sur le mécanisme conjoint de vérifications élargies de frontières de la RDC et du Rwanda et sur le centre conjoint de fusion des renseignements de Goma.

Le rapport qui sera élaboré au terme de cette réunion d’experts sera remis aux ministres de la Défense qui vont se réunir ce même jeudi pour présenter le rapport de leur réunion du 17 août à Goma.

Au cours de cette rencontre organisée sur initiative des chefs d’Etat des Grands lacs pour étudier les modalités de la constitution de la force neutre, ces ministres avaient décidé d’exclure la RDC, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda de ladite force.

Ils avaient également déterminé la taille et les principales zones de déploiement de cette force. «Nous avons envisagé que quatre mille hommes suffiraient. Il y aura une commission qui déterminera la structure de cette force qui se déploiera dans les quatre zones à savoir: Beni, Ruwenzori, Walikale et Masisi», avait notamment révélé le ministre congolais de la Défense, Alexandre Luba Ntambo.

Interrogé le lundi 20 août sur l’opposition de Kigali à la participation de la Monusco à la force internationale neutre à déployer entre la RDC et le Rwanda, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda avait déclaré qu’il n’est pas possible «de dire que la mission onusienne ne va pas être impliquée».

«Quand j’entends dire que le Rwanda est contre je me demande si on se réfère à ce qui se dit dans la presse ou aux conclusions auxquelles nous [les pays des Grands lacs] arrivons ensemble après avoir mis nos arguments sur la table», avait-il affirmé.

Le déploiement de cette force a été approuvé par les chefs d’Etats des Grands lacs réunis en août dernier à Kampala. Il est consécutif à la recrudescence de l’insécurité dans l’Est de la RDC marquée ces derniers mois par la création d’un nouveau mouvement rebelle, le Mouvement du 233 mars (M23), au mois de mai dernier.

Cette rébellion est constituée des mutins de l’armée congolaise issus de l’ancienne rébellion du CNDP. Ils réclament l’application de l’accord de paix de mars 2009 signé par le gouvernement et le CNDP qui prévoit notamment l’intégration des combattants de cette ancienne rébellion dans l’armée et la police congolaise.

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