Kampala : le gouvernement juge illégitimes certaines revendications du M23

Au deuxième jour des pourparlers de Kampala, le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda repliquant aux accusations que le M23 a portées contre le gouvernement. (Décembre 2012)

Dans un document de quatorze pages remis mardi 13 février au facilitateur ougandais, Crispus Kayonga, la délégation gouvernementale aux pourparlers de Kampala en Ouganda a qualifié plusieurs demandes des rebelles du M23 « d’illégales, d’illégitimes et d’être sans objet ». Au nombre de ces revendications figurent un demande d’annulation des élections de novembre 2011 et l’amnistie des rebelles.

Les pourparlers de Kampala devraient porter sur quatre points inscrits dans l’agenda des discussions :

  • L’évaluation de l’accord du 23 mars 2009
  • Les questions sécuritaires
  • Les questions sociales, politiques et économiques
  • Le plan de mise en œuvre de l’accord qui sera signé à l’issue des pourparlers actuels

Les délégués du M23 voudraient que toutes ces questions soient abordées. Ils ont à leur tour remis, mercredi au facilitateur, un document dans lequel ils réclament :

  1. L’annulation des élections du 28 novembre 2011 aux termes desquelles Joseph Kabila a été proclamé vainqueur et son mandat reconduit pour 5 ans
  2. L’amnistie totale des rebelles
  3. La planification des opérations mixtes avec les FARDC contre les groupes armés au Nord-Kivu

Kinshasa estime que toutes les revendications du M23 ont été vidées dans le rapport adopté par les deux parties mercredi 6 février. Ce rapport présente les conclusions de deux parties sur l’évaluation de l’accord de paix signé le 23 mars 2009 entre le gouvernement congolais et les rebelles du CNDP d’où sont issus les rebelles du M23. D’après les délégués du gouvernement, certaines revendications du M23 sont soit à reconsidérer soit relevant des prérogatives de l’Assemblée nationale. Pour l’heure, le facilitateur examine les nouveaux documents soumis par le gouvernement et les rebelles.

La délégation gouvernementale considère néanmoins comme légitime la demande du M23 sur la libre circulation des personnes et la lutte contre la discrimination.

Les délégués du gouvernement estiment avoir respecté les recommandations des chefs d’Etat de la Conférence internationale sur la région de Grands lacs (CIRGL). Au sommet de Kampala tenu le 24 novembre 2012, les Chefs d’Etat avaient exigé aux rebelles de se retirer de Goma qu’ils occupaient depuis le 20 du même mois. En contrepartie, ils avaient demandé au président Kabila d’« écouter les revendications légitimes du M23 » et d’y répondre.

Les discussions entre les rebelles du M23 et le gouvernement congolais ont débuté le 9 décembre 2012. Jusqu’à ce jour, les deux délégations n’ont débattu que d’un seul point.

Répondant à une certaine opinion congolaise qui estime que ces pourparlers tirent en longueur, le porte-parole civil de la rébellion, Bertrand Bisimwa avait déclaré, mercredi 16 janvier, à Radio Okapi que le temps importait moins. L’essentiel pour lui était de trouver « le remède qu’il faut » à la crise qui secoue l’Est de la RDC.

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