RDC: le Gouvernement diligente une enquête sur l’entrée des Maï-Maï à Lubumbashi

Des miliciens du groupe Bakata Katanga lors de leur reddition au bureau de la Monusco/Lubumbashi, samedi 23 mars 2013 Ph. Kabena

Le Gouvernement a dépêché une mission d’enquête à Lubumbashi en vue d’une «évaluation appropriée de la situation sécuritaire»,  perturbée samedi dernier par les miliciens «Bakata Katanga» qui sont entrés dans cette ville avec leurs armes et munitions avant de les déposer à la Monusco. Des personnes qui se seraient compromises avec «ces délinquants armés seront déférées devant les cours et tribunaux pour subir la rigueur de la loi», a promis, dimanche 24 mars à Kinshasa, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej. 

L’enquête consiste surtout à chercher à «savoir ce que [ces miliciens] voulaient, mais aussi comprendre comment ont-ils fait pour arriver jusqu’au centre ville» de Lubumbashi, a précisé le ministre Muyej. Pour lui, il est important d’en faire une évaluation objective et situer les responsabilités des uns et des autres.

Il a affirmé avoir contacté à ce sujet quelques officiels du Katanga qui «n’étaient pas informés » de cette affaire.

Pourtant, «il y avait déjà quelques actions de destruction, de vandalisme, à Kinsevere et dans certaines fermes autour de la ville de Lubumbashi. Logiquement, on s’attendait que Lubumbashi soit infiltré et que l’ordre soit perturbé», a poursuivi la ministre de l’Intérieur.

Les 17 et 25 février derniers, les «Bakata Katanga», dirigés par Tanda Imena, avaient en effet attaqué Kinsevere (à environ 30 de km de Lubumbashi). Cette localité s’était vidée de sa population après cette attaque survenue, dimanche 17 février. Trois personnes dont un agent de l’Agence nationale des renseignements (ANR), un policier et le chef du village Kinsevere avaient été tuées, selon des sources locales.

Les activités ont repris dimanche à Lubumbashi après le transfert à Kinshasa des miliciens Maï-Maï qui s’étaient rendus à la Monusco la veille. Deux cent quarante-cinq combattants de la milice venus de la périphérie de la ville ont déposé les armes au siège local de la mission onusienne.

Mais plusieurs habitants de la ville ont confié à Radio Okapi ne pas comprendre comment ces miliciens ont pu traverser toute la ville, armes en main, avant de se rendre. Certains Lushois parlent d’une défaillance de services de sécurité qui n’ont pas stoppé l’avancée des ces miliciens qui ont traversé quatre communes avant d’atteindre le centre ville de Lubumbashi.

Certains agents de service de sécurité qui ont requis l’anonymat affirment cependant que les forces de sécurité n’ont pas tenté de stopper les miliciens « pour éviter un carnage » en pleine ville. Des accrochages entre miliciens et Forces armées de la RDC (FARDC ont eu lieu à certains endroits de la ville. Selon les témoins, des miliciens qui cherchaient à rejoindre le siège de l’assemblée provinciale du Katanga ont été dispersés par l’armée. Plusieurs sources font état de la mort de près de vingt miliciens et d’un militaire congolais.

Les Bakata Katanga (du swahili: «qu’on coupe le Katanga») réclament l’indépendance du Katanga et sa scission de la RDC. Certaines sources leur attribuent notamment les attaques du février 2011 et d’août 2012 contre l’aéroport de Lubumbashi.

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