Violences dans l’Est de la RDC : l’Onu soutient une démarche globale, selon Hervé Ladsous

Hervé Ladsous lors d’un point de presse le 10/09/2012 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Le secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, affirme que le vote de la résolution créant la brigade d’intervention de la Monusco s’inscrit dans une démarche « plus globale » qui vise à mettre fin « au cycle récurrent des violences » dans l’Est de la RDC. Cette brigade d’intervention est censée combattre les groupes armés actifs dans cette partie du pays.

Le diplomate a expliqué, dans un entretien accordé à la Radio des Nations unies à New York, que l’accord cadre d’Addis-Abeba signé par onze pays africains sous l’égide des Nations unies s’inscrit aussi dans cette démarche. Ces pays s’étaient notamment engagés à ne pas s’ingérer dans les affaires internes de leurs voisins et de ne pas soutenir les groupes armés actifs dans la région.

Hervé Ladsous a indiqué qu’il faut que les pays de la région tiennent leurs engagements.

Au sujet de la brigade d’intervention, il a dit souhaité qu’elle soit rapidement déployée. « Nous allons pousser le feu pour déployer cette brigade au plus vite. Nous sommes en contact avec plusieurs pays de la région. Je peux mentionner l’Afrique du Sud, le Malawi et la Tanzanie. Au total, ça fera 3 069 militaires. […] On va essayer de faire en sorte qu’ils fassent le job et qu’on puisse avancer vers une plus grande stabilité dans les Kivu », a-t-il affirmé.

Interrogé au sujet des moyens dont va disposer la brigade, le diplomate onusien a avoué qu’il faudrait des équipements supplémentaires.

« Il va nous falloir des équipements supplémentaires notamment des hélicoptères. Nous sommes en train de les chercher. Je n’oublie pas par ailleurs que nous avons obtenu le feu vert du Conseil de sécurité pour déployer des engins sans pilote de surveillance aérienne ». a-t-il assuré.

Pour lui, ces engins de surveillance aérienne « auront une mission cruciale pour informer la Monusco et la brigade d’intervention, pour leur permettre de voir qui fait  quoi ». « Ça sera une aide à la décision et je voudrai croire que ça aura un effet de dissuasion », a ajouté le secrétaire général adjoint des Nations unies.

Vous pouvez écouter l’intégralité de l’interview d’Hervé Ladsous.

Fichier audio : téléchargez Flash pour écouter.

« Prévenir les dégâts collatéraux »

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) demande au Conseil de sécurité des Nations unies d’accroître les mesures de protection des populations civiles, en prévention des effets collatéraux qui découleraient des opérations de la brigade d’intervention.

« Il ne faut pas mettre au sein d’un conflit un acteur armé supplémentaire sans accroître les mesures de protection dont bénéficient la population, les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes. Il faut absolument  que les nations du monde donnent les moyens à la Monusco », explique Florent Gel, responsable du bureau Afrique de la FIDH.

Pour sa part, Me Jean-Claude Katende, président de l’Association africaine des droits de l’homme (Asadho) souhaite qu’au sein de la brigade d’intervention, « il y ait quelques militaires qui puissent s’occuper de faire le monitoring des cas de violation des droits de l’homme qui découleraient des opérations qui vont avoir lieu ».

Satisfaction des habitants de Goma

La plupart des habitants de la ville de Goma interrogés par Radio Okapi se disent satisfaits du vote de la résolution créant la création de la brigade d’intervention de la Monusco.

« Nous sommes content de cette disposition en ce qu’elle vient nous aider à éradiquer toutes les forces négatives notamment les FDLR et le M23 mais aussi les groupes armés locaux », affirme un habitant.

Un autre se réjouit qu’en dehors de la brigade, la résolution du Conseil de sécurité évoque également « des aspects de bonne gouvernance qui traduisent la volonté du monde entier de venir nous aider ». Il  invite également les responsables des groupes armés ainsi que tous les miliciens actifs dans l’Est de la RDC de déposer les armes.

Un autre, par contre, estime que le déploiement d’une telle force « nous met dans une forme de tutelle internationale sur le plan militaire ».

Même s’il ne juge pas mauvais le déploiement d’une telle force, il explique cependant que cette mission revient au gouvernement de la République.

« On interpelle notre gouvernement pour qu’il devienne fort et qu’il prenne ses responsabilités », plaide-t-il.

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