Rutshuru : la société civile déplore «une année de deuil» depuis l’occupation du M23

A coté de leur maison d’habitation, les membres d’une même famille suivent le passage du cortège du gouverneur du Nord-kivu, lors de sa première visite officielle à Rutshuru après le conflit Ph John Bompengo/ Radio Okapi

Le président de la société civile de la chefferie Bwisha du territoire de Rutshuru (Nord-Kivu), Jean-Claude Mbabaze, a déclaré, mardi 7 mai, que « l’occupation officielle » du Mouvement du 23 mars (M23) pendant une année a plongé la population dans l’instabilité sécuritaire et humanitaire, et favorisé la création de groupes armés.

Ce mouvement rebelle a totalisé un an d’existence le 6 mai 2013.

«Quand vous arrivez à Rutshuru, ce n’est que des tueries, des pillages et des viols commis sur les femmes. Les gens n’ont plus accès à leurs champs, ce n’est que des enlèvements. Et donc pour nous, une année du M23 c’est une année de deuil pour tout le territoire. Une année de psychose », a déclaré Jean-Claude Mbabaze.

Le M23 a été crée au mois de mai 2012 avec comme agenda la revendication de l’application des accords du 23 mars 2009 entre le gouvernement et l’ex-rébellion du CNDP dont sont issus ses chefs militaires.

Des affrontements survenus entre le M23 et les forces gouvernementales ont occasionné le déplacement des populations dans la province du Nord-Kivu essentiellement pour celles qui habitaient dans le territoire de Rutshuru.

«Si vous arrivez au camp des déplacés de Mugunga, le gros de cette population vient de Rutshuru. Quand vous arrivez au camp des réfugiés en Ouganda à Nakivale, à Chankwale, et partout, il y a de nombreux réfugiés qui viennent du territoire de Rutshuru», a afffirmé Jean-Claude Mbabaze.

Selon lui, la création du M23 a fait tâche d’huile dans la contrée.

«Avant l’arrivée de M23, précisément dans la chefferie de Bwisha, il n’y avait vraiment pas de groupes armés. Mais depuis la création du M23, cela a suscité la naissance d’autres groupes armés et des systèmes d’autodéfense avec le MPA et les autres», a poursuivi Jean-Claude Mbabaze.

Jean-Claude Mbabaze pense que seul le déploiement de la brigade d’intervention de la Monusco pourra mettre fin à l’occupation de Rutshuru.

«Et comme on est en train de nous dire qu’il y a une force [Brigade d’intervention de la Monusco] qui va venir pour neutraliser ces gens, nous pensons que cette force internationale est un espoir pour toute la population du territoire de Rutshuru», a déclaré Jean-Claude Mbabaze.

Le conseil de sécurité de l’Onu a voté jeudi 28 mars la résolution 2098 qui crée une brigade d’intervention au sein de la Monusco. Cette force dispose d’un mandat offensif et sera composé de plus de 3 000 hommes. Son objectif est de neutraliser les groupes armés actifs dans l’est de la RDC. La brigade d’intervention sera dirigée par un général tanzanien et sera bientôt déployée, selon les autorités de l’Onu.
Le M23 qui est en pourparlers avec le gouvernement congolais à Kampala depuis décembre 2012 s’oppose au déploiement de la brigade d’intervention.

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