RDC : le gouvernement condamne les tirs du M23 contre un hélicoptère de la Monusco

Lambert Mende, Ministre de l’Information, Communications et Médias lors d’une Conférence de Presse à Kinshasa, le 03/01/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

Le gouvernement congolais condamne les tirs du M23 contre un hélicoptère de la Monusco le vendredi 11 octobre dernier à Rumangabo au Nord-Kivu. Son porte-parole, Lambert Mende a estimé ce lundi 14 octobre que cette attaque de la rébellion constituait une violation flagrante du droit international.

« Pareille attaque qui cible les forces des Nations unies est assimilée à un crime de guerre aux termes des conventions de Genève et de tous les protocoles additionnels à ces conventions. Nous appelons donc la communauté internationale à y répondre par des sanctions appropriées », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse à Kinshasa.

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, les tirs du M23 contre l’hélicoptère de la Monusco violent également les décisions des Etats membres de la Conférence Internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) qui, lors du dernier sommet de Kampala, ont exigé à cette rébellion, de mettre fin à toute activité militaire.

Interrogé sur cette attaque, le porte-parole militaire du M23, Vianney Kazarama, avait reconnu ces tirs, évoquant un « incident majeur ».

« Cet hélicoptère est passé à basse altitude dans le camp de Rumangabo vers 16 h00’ (14h, TU), alors que d’habitude il passe à une dizaine de kilomètres de là à vol d’oiseau », avait-il confié à l’AFP. A l’en croire, ses soldats ont pensé que c’était un avion des FARDC avant de tirer.

Par ailleurs, Lambert Mende a salué la décision de la Monusco de redéployer une partie de son personnel dans l’Est de la RDC, promettant une collaboration « franche et loyale sur terrain » du gouvernement.

Sanctions contre le M23 et ses soutiens

Au cours de sa conférence de presse, Lambert Mende a également réclamé des sanctions contre le M23 et leurs soutiens.

Le porte-parole du gouvernement a regretté que contrairement à leurs engagements, les rebelles ont continué à se renforcer militairement, notamment en recrutant des nouveaux combattants, « dont des enfants, surtout au Rwanda ».

« Pour nous, l’efficacité de la stabilisation de la région des Grands Lacs commande que les Nations unies et tous les autres membres de la Communauté internationale rompent avec l’indiffrence et qu’ils se joignent à cette réprobation du mépris du droit international et de la vie humaine affiché par ceux qui ont créé et soutiennent la force négative M23 que les USA viennent de sanctionner », a indiqué le ministre congolais.

Au sujet du recrutement d’enfants soldats, Lambert Mende a rappelé qu’il constituait un crime de guerre.

« Tous ceux qui, au Rwanda, s’évertuent à apporter appui et soutien à ces recrutements d’adultes ou d’enfants pour la déstabilisation de la RDC bafouent l’Accord-cadre d’Addis-Abeba dont ce pays, membre des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la CIRGL est signataire », a-t-il fait savoir, faisant allusion à l’accord signé dans la capitale éthiopienne par onze pays africains pour le retour de la paix dans l’Est de la RDC.

La semaine passée, la Monusco a indiqué détenir des preuves matérielles que la rébellion du M23 continue à renforcer ses positions et à recruter de force  des enfants au Rwanda  pour les intégrer dans ses rangs.

Quelques jours plus tôt, les autorités américaines avaient annoncé qu’elles avaient pris des sanctions contre le Rwanda pour des cas de recrutement d’enfants-soldats dans les rangs de la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23) dans l’Est de la  RDC.

Accusé par la RDC et les Nations unies de soutenir cette rébellion, Kigali a toujours démenti.

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