Massacre de Mutarule : HRW condamne l’inaction du gouvernement et de la Monusco

Le commandant des forces de la Monusco, le général Santos Cruz, lors de sa visite mercredi 11 juin à Mutarule au Sud-Kivu. Radio Okapi/Ph. Fiston Ngoma

Human Rights Watch (HRW) accuse l’armée congolaise (FARDC) et les forces de la Mission de l’Onu en RDC (Monusco) de ne pas être intervenues pour arrêter l’attaque perpétrée contre des civils à Mutarule, dans le Sud Kivu, le 6 juin dernier. Dans un communiqué publié jeudi 2 juillet, l’ONG internationale affirme que les forces congolaises et onusiennes, en poste à proximité, avaient été averties à plusieurs reprises. Mais, elles n’ont pas agi pour arrêter ce massacre, accuse HRW. Au moins 30 civils avaient été tués dans l’attaque perpétrée par des hommes armés.

Selon HRW, les assaillants parlaient le kirundi et le kinyarwanda. L’attaque est intervenue dans un contexte de tensions croissantes entre les groupes ethniques Bafuliro, Barundi et Banyamulenge.

Les chercheurs de l’ONG internationale affirment qu’un officier supérieur de l’armée congolaise, en poste à proximité, avait été averti à plusieurs reprises de l’attaque, mais il n’a pas réagi pour l’arrêter.

Les casques bleus de la Monusco, basés à 9 kilomètres du lieu de l’attaque, ne sont pas non plus intervenus, bien qu’informés de l’attaque, selon HRW. Ils ne se sont rendus à Mutarule que deux jours après le massacre, ajoute l’ONG.

«L’armée et la Monusco doivent déterminer quels ont été les dysfonctionnements et s’assurer que de telles atrocités ne se reproduisent pas, alors qu’elles sont censées veiller à la sécurité de la population», a estimé la directrice de plaidoyer au sein de la division Afrique de HRW, Anneke Van Woudenberg.

Selon la même source, deux officiers militaires et un civil ont été arrêtés à l’issue de l’enquête ouverte par les autorités militaires congolaises. Ils ne sont cependant pas encore mis en accusation. Aucun des assaillants n’a été arrêté, ajoute-elle.

Kobler regrette

Réagissant à ces accusations, le chef de la Monusco, Martin Kobler a dit regretter l’inaction des forces de la mission dans ce drame.

«Je regrette ce qui s’est passé. J’en prends la responsabilité en tant que chef de la Monusco. Notre devoir est de protéger les civils. On ne l’a pas fait suffisamment», a-t-il reconnu.

M. Kobler a néanmoins rappelé que la responsabilité de protéger la population congolaise revient d’abord aux FARDC.

«Les FARDC n’ont pas protégé leur population, mais ça n’excuse pas que nous n’avons pas réagi suffisamment. Et je m’excuse pour ça», a-t-il ajouté.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC assure avoir pris des mesures pour que ses forces réagissent plus vite et de manière plus robuste afin de protéger plus efficacement la population.

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