RDC: retour au calme après une journée tendue à Beni

(Au centre, de g.à.d) Martin Kobler, chef de la Monusco et Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, assistent à la cérémonie d’hommage aux civils tués mardi à Beni par des hommes armés (Le 17/10/2014).

Le calme est revenu depuis ce dimanche 2 novembre après-midi à Beni-Ville après une journée tendue. La population est descendue dans la rue le matin pour protester contre l’assassinat des plusieurs civils par des hommes armés au quartier Boikene, dans la Commune de Rwenzori. Apres avoir parlé de 7 personnes tuées, les autorités locales ont revu à la hausse le bilan: 11 morts, dont 2 militaires des FARDC. 

Le calme règne à nouveau à Beni-Ville après une journée dominicale quelque peu agitée par la manifestation de la population. Les habitants des quartiers de Ngadi, Boikene et Malepe ont battu le pavé pour protester contre l’assassinat  des civils dans la nuit de samedi  par des hommes armés au Quartier Boikene.

Les sources officielles parlent de 11 personnes tuées, dont 2 militaires FARDC, des femmes et des enfants. Ce chiffre avoisine celui déjà avancé par la société civile: 14 morts, dont 2 militaires.

Dans leur colère, les manifestants se sont d’abord attaqués au monument du chef de l’Etat  Joseph Kabila, situé dans le quartier Malepe, qu’ils ont renversé. Ce monument construit il y a quelques années, avait été inauguré en 2010 par Joseph Kabila lui-même.

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la Mairie de Beni, avant d’être dispersés par la police et l’armée au moyen des gaz lacrymogènes et des balles tirées en l’air.

Un groupe de jeunes a barricadé la route nationale Numéro 4, à l’entrée du quartier Boikene. Ici, ils ont installé pendant quelques heures un point de contrôle  d’identité des passants.

Ces nouvelles tueries sont intervenues  quelques heures  après le départ du chef de l’Etat, après avoir séjourné pendant quatre jours à Beni-Ville.

La jeunesse interpelle Joseph Kabila

De son côté, le conseil de la jeunesse de Beni dénonce la résurgence des massacres des civiles dans ce territoire. Dans une déclaration faite ce même dimanche devant la presse, cette structure citoyenne a appelé le Chef de l’Etat à matérialiser d’urgence ses promesses faites à la population locale vendredi dernier.

«Au vu de la dégradation de la situation sécuritaire en ville et territoire de Beni, les forces vives de la jeunesse recommandent au chef de l’Etat de matérialiser dans une extrême urgence les promesses qu’il a faites lorsqu’il s’est adressé à la population lors de son dernier passage à Beni», a déclaré Jimmy Kihoma, le président du conseil de la jeunesse de Beni.

Au gouvernement congolais, les jeunes demandent de déployer urgemment tous les moyens nécessaires aux FARDC, à la police nationale et à tous les autres services de sécurité dans cette partie du pays.

«A la jeunesse de Beni, [il est recommandé] de garder sa sérénité et sa vigilance pour étouffer l’activisme de l’ennemi de la paix qui serait déjà parmi nous», a poursuivi Jimmy Kihoma.

La même source a appelé la Monusco, «à travers sa brigade d’intervention, de faire réellement preuve de sa présence à Beni » conformément à la résolution 2197 du conseil de sécurité des Nations unies. Le texte recommande à la mission onusienne de contribuer à la protection des civils en RDC.

Dans son adresse vendredi 31 octobre à la population de Beni, Joseph Kabila avait aussi  souhaité voir la Monusco renforcer sa présence dans cette zone pour faire face aux problèmes d’insécurité.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC, Martin Kobler, a «accueilli  favorablement» cette  demande du président congolais. Dans un communiqué de presse publié vendredi 31 octobre, le patron de la Monusco  assure que ces renforts «permettront aux FARDC de s’engager plus vigoureusement contre les rebelles des ADF»,  accusés d’avoir tué environ quatre-vingts personnes dans cette zone en octobre dernier.​

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