Kolwezi: plaidoyer pour l’implantation d’un laboratoire d’analyse des minerais

Les creuseurs artisanaux de Mutoshi à Kolwezi, Katanga, RDCLes creuseurs artisanaux de Mutoshi à Kolwezi, Katanga, RDC

Les creuseurs artisanaux de Mutoshi à Kolwezi, Katanga, RDC

Le syndicat des creuseurs artisanaux de Kolwezi dans la province du Katanga a appelé, jeudi 17 mars, l’Etat congolais à implanter un laboratoire d’analyse à leur profit. Ce laboratoire permettrait, selon eux, de mettre fin au conflit existant entre les exploitants artisanaux et les négociants d’une part, et les négociants et les entreprises minières, d’autre part. Toutes ces parties ne s’entendent pas sur la teneur exacte des produits à marchander. 

Pour les exploitants artisanaux, les négociants n’évaluent pas leurs colis à leur juste valeur. Les négociants, à leur tour, accusent les entreprises et coopératives minières de mauvais traitement des signatures de partenariat avec les industriels. 

Le président des creuseurs artisanaux, Théo Mafo, a déclaré: 

«Aussi longtemps qu’on n’aura pas de laboratoire témoin, la polémique sur la question de la teneur se posera toujours. Il faut que les coopératives aient d’abord leurs laboratoires d’analyse qui permettra au creuseur d’avoir une idée globale de la valeur de son produit avant de le vendre.» 

Le partage du produit 

Une fois le produit homogénéisé, selon lui, le partage serait effectué en trois ou quatre parties et l’échantillon témoin, gardé par l’Etat. Un autre échantillon serait ramis aux creuseurs, aux coopératives et entreprises présentes. 

Au quartier industriel de Kolwezi, des centaines des creuseurs artisanaux et négociants circulent, à longueur des journées, avec des sacs des minerais sur des vélos pour les vendre dans les dépôts d’achat appartenant à des entreprises minières des expatriés.

Ces creuseurs se plaignent de ne pas tirer profit de leur dur travail dans les carrières minières. Ils sont surpris de constater que le prix du produit brut, dans la carrière, est fixé de façon forfaitaire et à vue d’œil, alors que la tonne du cuivre sur le marché mondial tend vers les 10.000 dollars américains. 

Une autre pomme de discorde oppose les négociants aux entreprises minières appartenant à des expatriés. Ces derniers ont le monopole d’achat des minerais extraits dans des différentes carrières minières et mettent parfois leurs sites miniers à la disposition des artisanaux pour l’exploitation. 

Teneur exacte 

La mésentente se situe au niveau de la valeur des produits miniers brut. Un négociant explique que la teneur d’un produit peut être évaluée à 10%, mais ces entreprises leur donnent parfois la valeur de 4 %. 

Les creuseurs artisanaux et négociants se liguent également pour mettre sur le banc des accusés des coopératives minières artisanales. Selon eux, celles-ci signent des partenariats avec les industriels en ne tenant compte que de leurs propres avantages. 

Le directeur adjoint de la Coopérative minière et artisanale du Katanga (Comakat), Kahumba Mukumbi, a rejeté toutes ces accusations. Pour lui, ses membres se retrouvent, dans la plupart des cas, dans des concessions des expatriés: 

«Dans ce cas, l’Etat congolais négocie avec les partenaires. Quand vous vous retrouvez dans une situation pareille, vous êtes faible et vous êtes parfois obligé de faire des concessions malgré vos droits.» 

Jacques Kahumba Mukumbi explique les coopératives négocient et fixent les prix et que c’est le creuseur qui vend son produit en récupèrent la totalité de son argent pour ensuite contribuer à la coopérative. 

«Nous ne prenons pas la place des creuseurs pour ravir leurs intérêts,» s’est-il défendu.       

Pour le maire de Kolwezi, le creuseur doit comprendre que les minerais, quoique extraits d’un même puits, peuvent avoir des teneurs différentes.

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