Procès du meurtre des experts de l’ONU: le ministère public souligne la complexité de l’affaire

Le procès du meurtre des experts de l’ONU au Kasaï se poursuit devant le tribunal militaire garnison de Kananga. Au cours de l’audience du lundi, le ministère public a estimé que ce procès ne devrait pas se dérouler dans la précipitation. Il a notamment souligné la complexité de cette affaire pour laquelle il a demandé au tribunal de prendre le temps qu’il faut pour faire éclater la vérité.

Le prévenu Kabasele ne s’est pas évadé

Depuis le début du procès, l’auditeur militaire supérieur de Kananga représentait le ministère public. A l’audience de lundi, il a cédé sa place à l’auditeur militaire général de l’armée congolaise, lieutenant général Thimothé Munkutu arrivé de Kinshasa depuis le 27 août, jour de la reprise du procès.  

Dès le début de l’audience, le lieutenant général Thimothé Munkutu évoque la situation du prévenu Kabesele dont le tribunal demande des nouvelles depuis la reprise du procès. Poursuivi dans le cadre de ce procès, il était détenu à la prison de Kananga avec les autres accusés. L’auditeur militaire général révèle que le prévenu a été libéré il y a quelques mois dans le cadre d’une libération de détenus mineurs, contredisant l’auditeur militaire supérieur de Kananga, colonel Bwamulundu, qui avait évoqué devant le tribunal une évasion du prévenu. Problème : Kabasele n’est pas un mineur, selon le tribunal militaire de Kananga qui avait demandé un examen médical dont le résultat avait conclu que le prévenu était bien un majeur. Malgré cet avis, l’auditeur militaire supérieur de Kananga avait quand même autorisé la libération de Kabasele, a fait savoir le lieutenant général Thimothé Munkutu.

L’auditeur militaire général promet que le ministère public va «se déployer» pour présenter à nouveau le prévenu devant le tribunal.

«Montrer les personnages»

La majeure partie de l’audience a été consacrée à la confrontation du témoin Jean Bosco Mukanda et du prévenu Bula Bula comme à la précédente audience. Chaque parti a maintenu ses accusations.

M. Mukanda accuse Bula Bula d’avoir dirigé avec le prévenu Vincent Manga la milice qui a exécuté les experts de l’ONU au village Moyo Musuila le 12 mars 2017. Il maintient sa version selon laquelle il a été arrêté par les miliciens parce qu’il était en communication avec l’armée à qui il dit avoir livré des informations sur la milice.

De son coté, Bula Bula nie toute implication dans ce meurtre et accuse Jean Bosco Mukanda d’être un chef milicien qui travaillait sous les ordres de Vincent Manga et tenait un cahier dans lequel il rédigeait les rapports de tous les tshiota (foyer initiatique de la milice Kamuina Nsapu) dans la région de Bunkonde.

Les deux s’accusent mutuellement de «mensonges».

«Devons-nous croire Bula Bula ou devons-nous croire Jean Bosco ?», s’interroge alors le ministère public pour qui ces confrontations vont permettre de «montrer les personnages» impliqués dans cette affaire. Une affaire complexe, souligne-t-il, qui va demander du temps.

«Ce n’est pas un dossier facile que nous pouvons évacuer dans une semaine. Nous prendrons tout le temps qu’il faudra», promet le lieutenant général Munkutu.

Pas de liberté provisoire pour Bula Bula

A la fin de l’audience, le tribunal a rendu sa décision sur la requête introduite au cours de l’audience précédente par l’avocat de Bula Bula qui réclame la liberté provisoire pour son client.

Me Trésor Kabangu estime que la détention de son client est irrégulière, expliquant qu’il n’existait pas d’acte de détention de Bula Bula.

Le ministère public a allégué pour sa part qu’il a été difficile de mettre la main sur Bula Bula et que les faits qui lui sont reprochés sont très graves. Il estime qu’il ne serait donc pas possible de lui accorder une liberté provisoire.

Le tribunal a ainsi rejeté la requête du prévenu qui va donc rester en détention.

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