Alors que le barreau congolais célèbre ses 57 ans d’existence, la profession d’avocat traverse une période sombre dans l’Est de la République démocratique du Congo. À Goma et Bukavu, les cours et tribunaux ont fermé leurs portes, paralysés par une situation sécuritaire alarmante liée aux offensives du M23, a alerté jeudi 10 juillet, un avocat du barreau du Nord-Kivu.
Privés d’activité, de nombreux avocats dont la majorité vivent exclusivement de leurs honoraires se retrouvent sans revenus ni perspectives. Certains ont été contraints de fuir, d’autres menacés, brutalisés, et même tués, selon les témoignages recueillis.
Dans un entretien exclusif accordé à Radio Okapi, Maître Gabriel Rwizibuka, avocat inscrit au barreau du Nord-Kivu, dénonce les conditions difficiles vécues par ses confrères dans les zones dites libérées :
« Là où l’avocat se tait ou se cache, c’est la justice elle-même qui meurt à petit feu ».
Cette situation met en lumière les conséquences directes du conflit sur l’appareil judiciaire, et soulève des questions urgentes sur la protection des auxiliaires de justice dans les zones de conflit.
À l’heure où le pays célèbre son barreau, les avocats de l’Est appellent à une mobilisation nationale pour garantir leur sécurité et préserver l’accès à la justice.