Près de 500 journalistes incarcérés en 10 ans dans les Grands Lacs, dont la moitié en RDC (Rapport RSF)

Les pays des Grands Lacs demeurent parmi les mauvais élèves en matière de liberté de la presse, indique l’ONG Reporters sans frontières (RSF) dans un rapport publié jeudi 26 mars à Kinshasa.

Selon cette organisation, près de 500 journalistes ont été détenus au cours des dix dernières années dans la région, dont la moitié en République démocratique du Congo, en raison de l’exercice de leur métier.

Dans ce document de six pages, RSF révèle également que, durant cette même période, dix journalistes ont été tués et cinq autres ont disparu dans le cadre de leur travail dans la région des Grands Lacs.

L’ONG déplore en outre qu’au moins 33 radios aient été pillées ou suspendues depuis janvier 2024 dans la province du Nord-Kivu, en pleine crise sécuritaire.

RSF reproche aux autorités congolaises, à travers l'organe de régulation des médias, d'exercer des pressions sur le traitement médiatique du conflit au niveau national.

L’organisation recommande ainsi aux États des Grands Lacs de mettre fin aux attaques physiques et aux menaces visant les journalistes, et d’ouvrir systématiquement des enquêtes en cas d’atteinte aux professionnels des médias.

Elle encourage également les gouvernements à faciliter le travail des correspondants internationaux et indépendants, notamment en rendant les procédures d’accréditation plus transparentes.

Pour sa part, le directeur du bureau Afrique de RSF, Sadibou Marong, plaide pour une révision des lois pénales et des réglementations sur la presse, afin de permettre aux journalistes d’exercer leur profession sans risque de poursuites arbitraires.

Il recommande en outre aux États de la sous-région de garantir la sécurité des journalistes en mettant en place des mécanismes indépendants de protection, dotés de systèmes d’alerte.

Lire aussi sur radiookapi.net: