Kinshasa obtient l’engagement des FDLR à désarmer et à dissoudre leur mouvement (Floribert Anzuluni)

Le gouvernement congolais affirme avoir franchi une étape importante dans la mise en œuvre de ses engagements pour la paix en obtenant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) la signature d’un protocole de désarmement, de démobilisation et de cantonnement. L’annonce a été faite mardi 28 juillet à Kinshasa par le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, lors d’un briefing de presse.

Selon le Gouvernement, l’accord signé par les FDLR s’inscrit dans les efforts visant à lever les arguments avancés par Kigali pour justifier la présence de ses troupes dans l’est de la République démocratique du Congo.

Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale a expliqué que les FDLR ont accepté, dans une première phase, d’entrer dans un processus de démilitarisation, de démobilisation et de cantonnement. Cet engagement est toutefois assorti de certaines garanties demandées par le mouvement armé.

Conditions préalables posées par les FDLR

Parmi les principales conditions évoquées figure la mise à disposition de camps suffisamment sécurisés pour accueillir les combattants démobilisés. Selon le ministre, les responsables des FDLR ont insisté sur la nécessité de disposer de sites de cantonnement viables afin d’éviter les difficultés observées lors de précédentes tentatives de désarmement.

« Les FDLR se sont engagées d’abord, dans une première phase, à accepter une démilitarisation, une démobilisation suivie d’un cantonnement. La première condition est que cette démobilisation et ce cantonnement se fassent dans des camps suffisamment sécurisés. Ensuite, il faut des camps sécurisés et viables », a déclaré Floribert Anzululi.

Le ministre a indiqué que cette exigence est liée à des expériences passées de démobilisation qui n’ont pas abouti. Il a affirmé que certaines opérations avaient été compromises en raison de l’insécurité autour des sites de regroupement.

La deuxième condition posée par les FDLR concerne le caractère volontaire du retour de leurs membres au Rwanda. Le gouvernement congolais affirme avoir accepté ce principe, estimant qu’aucun rapatriement forcé ne doit être envisagé dans le cadre du processus.

« Les démobilisés ne seront pas retournés de force au Rwanda. Le retour doit être volontaire. Nous avons estimé que ces deux conditions étaient globalement acceptables », a précisé le ministre.

Dissolution de la rébellion rwandaise

Au-delà du désarmement et du cantonnement, Floribert Anzuluni a également annoncé que les FDLR se sont engagées, dans une seconde phase, à dissoudre définitivement leur mouvement.

Cette annonce intervient dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques et sécuritaires visant à apaiser les tensions dans l’est de la RDC. Kinshasa considère en effet que la neutralisation des FDLR constitue l’un des éléments clés des engagements pris dans le cadre des initiatives régionales et internationales de paix, notamment celles soutenues par les États-Unis.

Les autorités congolaises estiment que l’application effective de ce protocole pourrait obliger Kigali à retirer ses troupes de la RDC contribuant ainsi à réduire les tensions sécuritaires dans la région et à favoriser la poursuite du processus de stabilisation dans l’est du pays.

L’opération visant à neutraliser et rapatrier les rebelles rwandais des FDLR avait été lancée le 30 mars à Kisangani par l’armée congolaise, mais depuis lors aucune avancée significative n’était constatée avec la signature de cet accord annoncé par le gouvernement de la RDC.

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