Affaire Firmin Yangambi : la défense sollicite la mise en liberté provisoire

Le président de l’ONG « Paix sur terre », Firmin Yangambi, et ses coaccusés ont été présentés aux juges de la cour militaire de la Gombe, ce mercredi à Kinshasa. Ils sont poursuivis pour détention illégale d’armes de guerre et de tentative de mouvement insurrectionnel. L’audience a été remise à mercredi 28 octobre à la demande du ministère public. Les avocats des prévenus ont exigé la liberté provisoire de leurs clients, rapporte radiookapi.net

Quatre prévenus ont comparu devant la cour militaire de la Gombe. Il s’agit de Firmin Yangambi, le colonel Elia Lokundu, Jean Olangi et Eric Kikunda. Dans leurs plaidoiries, les avocats de ces 4 prévenus ont évoqué plusieurs préalables à l’audience. Il s’agit notamment de la saisine de la cour militaire ou la décision de renvoi. Selon la défense, la requête faite par l’auditorat supérieur militaire pour transférer les prévenus devant cette juridiction est entachée d’irrégularité. Il s’agit d’un vice de procédure judiciaire. Une autre irrégularité relevée par la défense est liée à la détention de Firmin Yangambi et ses coaccusés. A ce sujet, la défense a dénoncé la non-assistance judiciaire des prévenus et les tortures qu’ils ont subies. Certains d’entre eux ont même été mordus dans les locaux des services spéciaux de la police à Kinshasa, ont révélé les avocats de la défense. Toujours d’après la défense, les procès verbaux d’audition établis pour les prévenus sont nuls parce qu’ils ne sont pas datés. Confusions et obscurités parsèment le dossier, ont martelé les avocats.

« Comment expliquer que Firmin Yangambi, déjà entendu par l’officier du ministère public à Kisangani, doit être encore entendu par un officier de police judiciaire à Kinshasa ? Où sont passés les objets personnels des prévenus tels que téléphones cellulaires, montres et bijoux de valeur qu’ils portaient sur eux au moment de leur arrestation? », autant des questions soulevées par la défense. Par voie de conséquence, elle a demandé à la cour de se déclarer non saisie de la cause et d’accorder, par le fait même, la liberté provisoire aux prévenus.
Le ministère public a demandé le report de l’audience au 28 octobre, pour s’imprégner des préalables soulevés par la défense.

Polémique autour de l’arrestation de Firmin Yangambi

L’annonce de l’arrestation de Me Firmin Yangambi a été faite à la presse par le ministre de la communication, Lambert Mende, le lundi 28 septembre à Kinshasa. Au cours d’une conférence de presse, Lambert Mende annonçait que les services spéciaux de la police ont interpellé Me Firmin Yangambi, le 23 septembre à Kisangani. Il convoyait alors une cargaison d’armes achetées à Kinshasa pour lancer un mouvement insurrectionnel contre la RDC à partir de Kisangani, d’après Lambert Mende. Mis aux arrêts le même jour de son interpellation, Firmin Yangambi a été déféré devant la cour militaire de la Gombe le dimanche 27 septembre à Kinshasa, toujours selon le ministre.

Cette version de faits est contestée par certains activistes de droits de l’homme qui évoquent plutôt son enlèvement et son transfert à Kinshasa.
C’est le cas du groupe Lotus, une ONG de défense des droits de l’homme. Dans un communiqué publié le 2 octobre à Kisangani, le groupe Lotus soutient que Firmin Yangambi a été interpellé à Kisangani le 27 septembre et non pas le 23 septembre comme l’a avancé le ministre Mende.
Le même document indique que Firmin Yangambi, accompagné de son frère Blaise ont été interpellés par des policiers à bord de deux jeeps, au niveau de la 7ème avenue, rond point Comboni, quartier plateau Boyoma, commune Makiso à Kisangani. Ils ont été conduits à la direction provinciale de l’Agence nationale de renseignement où ils ont été gardés jusqu’à l’annonce de l’arrestation et du transfert de Me Firmin Yangambi à Kinshasa par le ministre de la Communication et des Medias, rapporte la même source. Blaise Yangambi, le frère de l’accusé, a été libéré le 30 septembre à Kisangani, selon le communiqué du groupe Lotus. Le même jour, les éléments de la justice militaire ont effectué une perquisition au domicile de Firmin Yangambi. Aucune arme, aucun effet militaire n’ont été trouvés, précise le communiqué.