Eringeti : les voyageurs accusent la police et la DGM de tracasseries

Selon les voyageurs, cette localité située à la limite du district de l’Ituri et du Nord Kivu est toujours difficile à traverser. Les services de la Direction générale de migration et de la police nationale ont érigé une barrière pour le contrôle des identités des voyageurs. Tout passant qui n’a pas sa carte d’électeurs est mis aux arrêts et soumis à des fortes amendes, rapporte radiookapi.net

Pour être libéré, le voyageur doit acheter une attestation, tenant lieu de carte d’électeur, délivrée par la police locale. Le commissaire de district et la police de l’Ituri condamnent cette façon d’agir.

La barrière ressemble à un poste de douane. 7 services publics y travaillent, notamment la police, le service d’immigration, la brigade d’anti-fraude et la brigade des taxes provinciales. Là, les passagers descendent des véhicules pour un contrôle d’identité par le service de la DGM. Tout passager qui n’a pas de carte d’électeur est arrêté, comme le témoigne ce voyageur. « Les passagers descendent un à un pour être soumis à un contrôle. Ce contrôle vise surtout la carte d’électeur. Celui qui n’a pas cette carte est arrêté et sommé de payer une amende et d’acheter une attestation de perte de cette carte. Nous connaissons que seule la CEI peut délivrer une carte de l’électeur. Aussi, nous nous demandons le but de ce contrôle. Est-ce que Eringeti est une frontière étrangère ou c’est au Congo. »

Le commissaire de district adjoint de l’Ituri condamne le fait. Il promet d’y envoyer tout prochainement une mission de vérification. Pour Dieudonné Rwabona, cette pratique dénote de l’irrégulier car l’identité du citoyen congolais ne doit pas être délivrée par la police. « La première réaction est de condamner cette attitude irrégulière. La deuxième concerne ceux qui n’ont pas de cartes d’électeurs. Certainement, tout le monde n’était pas au pays pendant l’enrôlement et ceux qui ont perdu leurs cartes doivent faire une déclaration de perte à l’état civil qui doit leur délivrer une identité provisoire. »

L’inspecteur de la police nationale du district de l’Ituri, le colonel Ibiliabo Banya Fumu, se dit surpris de cette pratique. Selon lui, cette barrière avait déjà été supprimée sur ordre de sa hiérarchie. Il promet de chercher et de punir la personne qui l’a remise sur la route. Cette barrière a service de poste de douane entre la province du Nord Kivu et celle de l’Ituri pendant la période de la guerre.