Dungu : les Mbororo continuent à semer l'insécurité

La société civile signale la présence de plus de 15.000 éleveurs étrangers Mbororo dont la plupart sont armés. Ils sont localisés dans les collectivités de Ndolomo et de malingindo dans le Haut Uélé. Plusieurs sources locales signalent aussi la présence des rebelles ougandais de l’armée de résistance du seigneur, LRA. Radiookapi.net fait le fait le point avec José, un de ses reporters, qui vient de rentrer de Dungu, un territoire situé à près de 800 Km au nord-est de Kisangani à la frontière avec le Soudan.

Quelle est la situation sécuritaire dans cette partie de la RD Congo?

José : Le territoire de Dungu est en proie à l’insécurité quasi permanente suite à la présence de groupes armés étrangers.
La société civile signale la présence de plus de 15.000 éleveurs étrangers, appelés “Mbororo”, dont la plupart sont armés.
Ils sont localisés dans les collectivités de Ndolomo et de Malingindo dans le Haut-Uélé. Mais également dans les territoires de Ango et de Poko dans le Bas-Uélé.
Plusieurs sources locales signalent aussi la présence des rebelles ougandais de l’armée de résistance du seigneur, LRA.
Ils sont signalés non seulement dans le territoire de Dungu mais également dans le territoire voisin de Faradje où ils sont plus actifs dans le parc de Garamba.
Ajoutées à ces deux groupes, des incursions fréquentes des éléments de la rébellion sud soudanaise du SPLA.
La société civile locale rapporte que la présence prolongée de ces groupes étrangers sur le sol congolais représente un danger pour les populations locales.

Leur présence peut-elle s’avérer un danger pour les populations locales ?

José : Il ne se passe pas une semaine sans que l’on enregistre des enlèvements de Congolais qui vivent dans le coin.
Parmi les personnes enlevées dans le territoire de Dungu et jamais restituées à leur communauté, il y a un élève de 5e primaire.
Il y a aussi des meurtres par balles qui sont régulièrement commis par des Mbororos et surtout par des LRA. Le dernier cas date d’hier soir.
Les gardes du parc national de la Garamba, dans le territoire de Faradje, ont été attaqués par des LRA.
Selon la société civile locale et les autorités militaires ici à Kisangani, un véhicule du parc à bord duquel se trouvait le coordonnateur de la Garamba et son chauffeur a été attaqué à coups de grenade.
Le chauffeur en est sorti grièvement blessé tandis que le coordonnateur est sain et sauf. Le véhicule cependant a été brûlé.
Cette situation déstabilise chaque jour les populations congolaises qui sont sans protection car il n’y a aucun soldat congolais pour protéger les frontières septentrionales de la RDC.

Est-ce que cette situation représente un danger pour la région?

José : Oui, selon la société civile. Premièrement, parce que ce conflit implique plusieurs pays de la région.
Les acteurs, soit les Mbororo, les LRA et le SPLA viennent du Niger, du Tchad, de la Lybie, du Soudan, de la République centrafricaine et de l’Ouganda. Et ça se passe sur le sol congolais.
Et puis, deuxièmement, quand les populations congolaises concernées prendront les armes, faute d’intervention de l’État, cela se transformera en un nouveau conflit armé impliquant plusieurs pays africains.
Et c’est sur ce point particulier que la société civile craint un embrasement de la région.

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