10 Décembre 1948 – 10 Décembre 2008. La Déclaration universelle des droits de l’Homme a 60 ans. Le thème choisi cette année est « Dignité et justice pour tous ». Pour Todd Howland, représentant du Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme et directeur de la division de droits de l’Homme de la Monuc, la situation est très grave en République Démocratique du Congo en matière de droits de l’Homme.
« Je peux dire que la situation est grave, très grave. Il y a violation systématique des droits de l’homme. Ça peut être le droit économique, le droit d’intégrité physique », a déclaré Todd Howland. Il précise que la situation dépend d’une province à l’autre.
Au Nord-Kivu, par exemple, cette situation est caractérisée par l’existence de plusieurs auteurs de violations des droits de l’Homme. Le CNDP, les Maï-Maï, les FDLR, les FARDC, la PNC, sont autant d’acteurs qui s’illustrent dans ces violations dans cette province, a-t-il relevé. Todd Howland souligne le caractère complexe de cette situation. « C’est vous-mêmes, les Congolais, qui allez changer votre situation. Nous, la communauté internationale, nous sommes ici pour faciliter, pour aider à obtenir ce changement », a conclu le représentant du haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme.
Zoom sur les conditions de détention dans les prisons du Kasaï-Oriental
La situation des prisonniers de cette province n’est pas reluisante. Les conditions de détention ainsi que l’état de maisons carcérales laissent à désirer. Les soins de santé primaires sont à peine assurés et, d’ailleurs, la plupart des décès enregistrés dans ces prisons sont dus au manque de soins, ainsi qu’à la faim. Pour les organisations de droits de l’Homme, malgré les interventions ponctuelles des autorités provinciales, des organismes internationaux et des ONG locales, les droits des détenu sont loin d’être garantis.
De Mbuji-Mayi à Lodja, en passant par Lusambo, Mwene Ditu et Kabinda, la situation des droits de prisonniers se pose. A Mbuji-Mayi, près de 450 prisonniers sont détenus dans une maison carcérale initialement prévue pour 180. Des conditions hygiéniques exécrables, et cela, en dépit de la réhabilitation de cette prison par la Monuc. Les soins médicaux ne sont pas assurés de manière régulière. Il ne se passe pas un seul mois sans qu’on déplore un décès dans cette prison. Selon les OND de droits de l’homme, nombreux sont ceux qui meurent sans avoir été ni jugés ni condamnés par la justice. Une note d’espoir tout de même pour les détenus : un bureau de concertation coprésidé par le ministre provincial de la Justice et le chef de bureau de la Monuc a été mis en place la semaine dernière. Il a pour tâche de statuer sur la prise en charge des détenus malades. Un comité d’achat des vivres a aussi été créé en vue de gérer les vivres et les dons au profit de détenus.









