Mbuji-Mayi : tortures, plus de 500 cas enregistrés entre janvier et mai

Cas de torture

Cas de torture

La communauté internationale commémore le 26 juin la journée de soutien aux victimes des tortures. A Mbuji-Mayi, au Kasaï-Oriental, en marge de cette journée, l’ ACAT, une ONG des droits de l’homme, révèle que plus de 500 cas de tortures ont été enregistrés cette année, entre janvier et mai, rapporte radiookapi.net

Cette structure pointe du doigt les services de sécurité de la police et de l’armée.Pour lutter contre cette pratique, l’ACAT (Action chrétienne pour l’abolition de la torture) compte promouvoir l’éducation de la population sur ses droits et la conscientiser sur le caractère dégradant de la torture.

« Cette année, nous avons enregistré au moins 525 cas de torture », affirme Charles Kabshadi, responsable de cette ONG. D’après lui, la police nationale serait au cœur de plusieurs cas de tortures, notamment à travers ses divers services, tels que GEMI, police des polices. Il cite aussi l’auditorat militaire qui utilise la torture comme moyen d’obtenir des aveux de la part des personnes arrêtées. L’ACAT parle également des tortures morales « dans nos propres familles et dans nos églises ».

Contactés, les services de police rejettent ces accusations. Ils disent n’avoir pas encore pris connaissance du rapport de l’ACAT qui aurait dû au préalable le leur faire parvenir.

A Bukavu, certaines pratiques de torture tendent à diaparaître…

La même organisation fait le point de la situation dans la province du Sud-Kivu. A cet effet, l’ACT affirme que certaines pratiques de torture tendent à disparaître dans cette province au moment où d’autres apparaissent.

Ainsi, dans un rapport publié ce vendredi à Bukavu, l’ONG condamne les irrégularités observées lors des rafles de délinquants récemment organisées dans cette ville, notamment l’usage disproportionné de la force par la police.

D’autre part, l’ONG s’attarde sur les conditions inhumaines dans les lieux carcéraux, principalement la prison centrale de Bukavu où plus de 900 personnes sont détenues dans des conditions qu’ACAT qualifie d’inhumaines.
« Vous trouverez qu’il y a des gens qui entrent dans cette prison dans des bonnes conditions de santé, mais ils en sortent malades. Le fait de priver quelqu’un de la visite des membres de sa famille constitue une torture supplémentaire par rapport à ce que la personne vit déjà dans sa chair dans des conditions inhumaines et dégradantes », s’est plaint Me Jean Bosco Habibu, coordonnateur d’ACAT Sud-Kivu.

Et à l’occasion de la journée internationale de soutien aux victimes de la torture, ACAT compte déposer son rapport au parquet général de Bukavu. Et parmi ses recommandations, elle demande à cette instance de désengorger au plus vite la prison centrale de Bukavu.

Pendant ce temps, dans la capitale de la RDC, Kinshasa, des manifestations en rapport avec cette journée sont organisées par le Bureau du Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, en partenariat avec la Fondation Carter, sous le thème : « L’interdiction de la torture : un principe en péril en RDC ».