La police nationale congolaise (PNC) a repris, dans la nuit de samedi à dimanche, la localité de Dongo dans le territoire de Kungu à l’Equateur. Celle-ci était passée sous contrôle des jeunes gens du clan Enyele, il y a plus d’une semaine, après les affrontements avec les forces de l’ordre. C’est ce qu’a annoncé, dimanche, l’inspection générale de la PNC à radiookapi.net
Le porte-parole de l’inspecteur général de la PNC, le major Lole, a confirmé la reprise du contrôle de la localité de Dongo par la police : « Les éléments de la Police d’intervention rapide (Pir), qui étaient dépêchés à partir de Kinshasa, ont bel et bien pris contrôle de la localité de Dongo, depuis samedi aux environs de 23 heures (locales). Et donc, Dongo est sous contrôle des forces de l’ordre», a déclaré le major Lole. Il a par ailleurs invité la population locale qui avait fui les atrocités à pouvoir regagner ses habitations pour vaquer à ses occupations quotidiennes
Mais, dans quelles conditions cette reprise s’est opérée, facilement ou après affrontements ? «Dans une telle opération, on ne peut pas dire que les choses se sont passées facilement. Mais, la sécurité ne rime pas avec la publicité. Parce que la police nationale, au-delà du rétablissement et du maintien de l’ordre public, doit continuer à entreprendre ses enquêtes pour identifier et arrêter, si possible, les fauteurs des troubles et établir des responsabilités pour qu’ils répondent des actes qu’ils ont commis dans ce secteur», a répondu le porte-parole de l’inspecteur général de la PNC.
Il a tout de même ajouté que ça n’a pas été facile, notamment en ce qui concerne le transport des policiers. Sur ce trajet, les déplacements ne sont pas effectués dans des conditions idéales. Mais, malgré cela, parce ce sont des éléments aguerris, ils se sont bien comportés. Voilà pourquoi, ils sont arrivés à reconquérir la localité», a indiqué le major Lole.
Situation humanitaire toujours préoccupante
Environ 15.000 personnes, démunies du strict nécessaire, dorment à la belle étoile, selon le président de la commission justice et paix de Molegbe basé à Gemena, l’abbé Laurent Mboma. Il explique que les gens se sont entassés maintenant à Bomboma, chef-lieu du secteur du même nom. « Ils sont au moins 5 000 personnes, démunies de tout. Et, à Bozene, à peu près 2500 déplacés se trouvent aussi dans la même situation humanitaire très précaire», témoigne-t-il.
Il demande, par ailleurs, à la Croix rouge de descendre rapidement sur place à Dongo. « Il y a à peu près 5 000 personnes dépourvues de tout. Les informations qui nous sont parvenues attestent qu’il y a encore des corps qui traînent dehors, qui ne sont pas encore enterrés. Il y aura risque d’épidémies, si on n’intervient pas », redoute l’abbé Laurent Mboma.
Le 29 octobre à Dondo, des jeunes gens armés du clan Enyele, commandés par un chef mystique et un officier des FARDC, se sont affrontés avec la police. Les troubles ont fait plusieurs morts de deux cotés. Mais, bilan diffère selon les sources. 16.000 habitants de cette localité ont fui la tension et se retrouvent au Congo Brazzaville. A Kungu même, les autorités ont appelé à un appui d’urgence aux familles en difficulté dans les 5 secteurs de ce territoire, où les centres de santé manquent de médicaments.








