RDC : HRW demande au gouvernement de sécuriser les écoles

Des élèves de l’école primaire Lutemo et leur enseignante dans la province du Maniema (Photo Mamy Halili)

L’ONG Human Rights Watch(HRW)  demande au gouvernement congolais d’assurer la protection des élèves et des écoles dans les zones du pays touchées par les conflits armés. Cette recommandation est contenue dans un rapport publié mardi 27 octobre par l’ONG sous le titre : « Notre école devint un champ de bataille : l'utilisation des écoles comme lieu de recrutement et à des fins militaires en République démocratique du Congo ».

Human Rights Watch a documenté des attaques contre des écoles ou l'utilisation des écoles à des fins militaires entre 2012 et 2014 par l'armée congolaise, l’ex-rébellion du M23, divers groupes de miliciens hutus congolais connus sous le nom de Nyatura, Maï-Maï Sheka ainsi que d'autres groupes Maï-Maï et par les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR).

Le rapport s’appuie sur des entretiens menés auprès de plus de 120 personnes, dont des élèves, des enseignants et des responsables du ministère de l'Éducation et des Nations Unies basés dans les provinces du Nord Kivu et du Sud-Kivu, dans l'est de la RD Congo, où des conflits sont en cours.

Le texte dénonce aussi, en se basant sur les témoignages des victimes ou des rescapés, la manière dont les groupes armés ont attaqué des écoles et recruté des enfants à l'école ou alors qu'ils se rendaient à l'école.

Les parties belligérantes ont aussi enrôlé illégalement des enfants, y compris par la force, soit dans les écoles ou lorsqu'ils s'y rendaient, pour les utiliser soit au combat soit dans des rôles d'appui pour les combats, rapporte l’ONG. Ils ont enlevé d'innombrables jeunes filles à l'école pour les violer ou les réduire à l'état d'«esclaves sexuelles ».

Selon Bede Sheppard, directeur adjoint de la division Droits de l'enfant à Human Rights Watch et co-auteur du rapport, la peur de l'enlèvement et des violences sexuelles empêche beaucoup d'enfants d'aller à l'école. Les parents ne scolarisent parfois pas leurs enfants de peur que les groupes armés ne leur demandent le paiement de « taxes » officieuses imposées aux civils. « L'accès des enfants à l'éducation est le plus souvent un combat plutôt qu'un droit dans de nombreuses parties de la RD Congo », indique-t-il.

L'armée congolaise et les groupes armés non étatiques se sont également emparés des écoles à des fins militaires, rapporte HRW. L'utilisation des écoles à des fins militaires détériore, endommage et détruit les infrastructures scolaires déjà insuffisantes et de piètre qualité, faire remarquer l’ONG.

L’école peut demeurer dangereuse pour les enfants si les troupes laissent derrière elles armes et munitions non utilisées, renseigne le rapport.

L’ONG recommande au gouvernement congolais d’enquêter et traduire en justice les officiers de l’armée et les commandants de groupes armés responsables de recrutement et d’enlèvement d’enfants ainsi que d'autres violations des droits humains et du droit humanitaire internationaux, notamment les attaques illégales contre des écoles, les élèves et les enseignants.

HRW demande aussi à l’exécutif d’adopter des mesures concrètes pour dissuader l'utilisation des écoles à des fins militaires, promulguer des lois interdisant aux forces armées congolaises et aux groupes armés non étatiques d'utiliser ou d'occuper les écoles, les cours de récréation ou autres installations scolaires d'une manière qui enfreint la législation internationale des droits humains.

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