RDC: 175 personnes enlevées contre rançon en 2015, selon HRW

Un village du territoire de Beni au Nord-Kivu. Mai 2015. Photo MONUSCO/Myriam Asmani

Human Rights Watch (HRW) a recensé en 2015 au moins 175 cas de personnes enlevées contre rançon par des groupes armés opérant en République démocratique du Congo (RDC). Les ravisseurs réclamaient de l’argent avant de libérer leurs otages, a révélé un rapport de cette ONG publié mercredi 16 décembre à Goma au Nord-Kivu.

Pour HRW, la grande majorité d’enlèvements documentés ont été recensés dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, dans l’Est du pays.

Dans un incident survenu le 2 septembre, rapport l’ONG, des hommes armés ont enlevé une étudiante de 27 ans près de l’hôpital général de Goma et l’ont emmenée au fin fond de la forêt, où elle a été détenue avec d’autres otages. Les ravisseurs frappaient et maltraitaient les otages, même en les brûlant avec des baïonnettes chauffées.

« Lorsque nous avons demandé de la nourriture, ils ont choisi un homme parmi nous et l’ont tué en lui tranchant la gorge », a-t-elle confié à Human Rights Watch. « ‘Si vous voulez manger, voilà la viande’, nous ont-ils dit. » Elle a été détenue pendant neuf jours, et relâchée après que sa famille ait versé une rançon.

Dans les cas documentés par Human Rights Watch, les ravisseurs ont réclamé de 200 à 30 000 dollars américains par otage, même si les montants payés étaient souvent bien inférieurs à la somme réclamée, selon des proches et d’anciens otages.

Pour mettre fin aux enlèvements, l’ONG invite les autorités de la RDC à créer une unité de police spéciale chargée de lutter contre cette pratique.

« La hausse alarmante du nombre de kidnappings constitue une grave menace pour la population de l’Est de la RD Congo. Les autorités congolaises devraient de toute urgence créer une unité de police spéciale chargée d’aider à secourir les otages, et de mener des enquêtes et des poursuites contre les ravisseurs », a déclaré Ida Sawyer, chercheuse senior de la division Afrique à Human Rights Watch.

Cette ONG dit avoir mené des entretiens auprès de 45 anciens otages et témoins dans le Nord-Kivu entre mai et décembre.

Ces sources ont indiqué que les ravisseurs opèrent en général en groupes d’une dizaine d’individus ou plus, et sont souvent armés de kalachnikovs et d’autres armes d’assaut.

Nombre d’entre eux portent des tenues militaires et semblent appartenir, ou avoir appartenu, à l’un des nombreux groupes armés actifs dans l’Est de la RD Congo.

Les ravisseurs suivent souvent une procédure similaire : ils frappent, fouettent ou menacent leurs otages de mort, leur demandant d’appeler leurs proches ou leurs employeurs afin de les persuader de payer pour leur libération.

Les ravisseurs ont souvent utilisé les téléphones portables des victimes ou bien leurs propres téléphones afin de négocier le paiement des rançons. Dans certains cas, les ravisseurs ont enlevé un seul otage, et dans d’autres cas un groupe d’otages, détaille HRW.

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