Joseph Olenghankoy: «Il n’y aura aucune possibilité de glissement dans ce pays»

L'opposant Joseph Olenghankoy, président du parti Forces novatrices pour l'Union et la solidarité estime que la Cour constitutionnelle a rendu son arrêt en fonction de "la pensée, la parole et les actes de celui qui est au pouvoir". Radio Okapi/Ph. John Bompengo

L’arrêt rendu mercredi 11 mai par la Cour constitutionnelle, confirmant le maintien en fonction du chef de l’Etat actuel jusqu’à l’installation du nouveau élu, est un défi lancé au peuple congolais, a affirmé le président des Forces novatrices pour l’union et la solidarité (FONUS), Joseph Olenghankoy. Selon l’opposant, «il n’y aura aucune possibilité de glissement» du mandat de Joseph Kabila au-delà de l’échéance du 19 décembre 2016, date de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel.

Intervenant au cours du magazine Dialogue Entre Congolais de Radio Okapi juste après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, Joseph Olengankoy a déclaré:

«C’est un défi contre l’ensemble de notre peuple. Le contraire nous aurait étonnés parce que la plupart des Cours africaines traitent souvent de questions politiques. Elles sont là pas vraiment pour [dire] le droit, mais pour faire le droit en fonction de la pensée, la parole et les actes de celui qui est au pouvoir.»

D’après lui, il appartient maintenant « au peuple congolais de déterminer comment il va faire pour arracher sa souveraineté.»

Le leader des FONUS a réitéré son opposition du maintien de Joseph Kabila au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel:

«Il n’y aura aucune possibilité de glissement dans ce pays. La position [de la Cour constitutionnelle] peut être opposable à tous. Mais, cela ne donne pas l’autorisation à la Cour d’assassiner toute l’aspiration de notre peuple.»  

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Problème politique

Pour sa part, Placide Mabaka, professeur de droit public à l’université de Bandundu et à l’Université catholique de Lille en France, pense que l’arrêt rendu par la Cour constitutionnelle n’appelle aucune contestation :

«Ce que dit le président de la Cour dans sa lecture ne me surprend pas, parce que c’est l’interprétation purement juridique. Une interprétation qui est essentiellement fondée sur la volonté même du constituant. La Cour s’est basée sur l’esprit même de l’article 70 Alinéa 2, qui est contenu dans l’avant-projet ; tel que le constituant l’entendait. Et dans ce sens-là –et d’un point de vue purement juridique – il n’y a pas de contestation.»

Selon lui, il se pose plus une question politique que juridique. « Sur le plan politique, bien entendu, il y a des contestations parce que  certains estiment [qu’il y a] un lien avec l’article 73 de la constitution», poursuit-il.

Or, soutient Placide Mabaka, il ne s’agit pas du président de la République dans cet article, mais plutôt de la Ceni, qui doit organiser les élections 90 jours avant l’expiration du mandat du président en fonction.  

Le président congolais Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter pour un troisième mandat, pourra rester en fonction au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'est pas organisée, selon un arrêt rendu mercredi 11 mai par la Cour constitutionnelle.

La Cour, qui siégeait en audience à Kinshasa, répondait à une requête en interprétation déposée par plus de 250 députés alors que la perspective de la tenue du scrutin présidentiel en 2016 s'éloigne chaque jour davantage.

La requête déposée par la Majorité présidentielle, demandait précisément à la Cour de statuer sur le sort du président en cas de non tenue de l'élection avant la fin du mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001.

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