Crimes en Centrafrique: l'accusation de la CPI demande "25 ans minimum" contre Bemba

L'ancien vice-président de la RDC, Jean-Pierre Bemba, lors de l'ouverture de son procès pour subordination de témoins le 29 septembre 2015 à la CPI. (Photo CPI)

Le bureau du procureur de la Cour pénale internationale a requis mercredi "au minimum 25 ans" de prison contre l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, reconnu coupable de crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis par sa milice en Centrafrique.

"Il y a deux circonstances aggravantes : la commission des crimes à l'encontre de victimes particulièrement vulnérables et la commission de ces crimes avec une cruauté toute particulière", a affirmé un représentant du procureur, Jean-Jacques Badibanga.

Selon Margot Tedesco, responsable du bureau de sensibilisation de la CPI à Kinshasa, le bureau du procureur a requis 25 ans de prison au terme des enquêtes menées par la CPI et en fonction de la gravité des crimes commis par Jean-Pierre Bemba.

Vous pouvez écouter ses explications.

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Au terme d'un long procès ouvert en novembre 2010, les trois juges de la Cour pénale internationale (CPI) avaient reconnu le 21 mars dernier l'ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq charges de crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en 2002 et 2003 en Centrafrique, en vertu du principe de la « responsabilité du commandant ».

Les audiences rouvertes lundi à La Haye et qui s'achèvent aujourd'hui visent à déterminer la peine de prison à infliger à M. Bemba, 53 ans.

Durant ces trois jours d'audience, les juges ont entendu de nouveaux témoignages, les réquisitions du ministère public, ainsi que les plaidoiries de la défense.

Témoin cité par la défense, l'évêque catholique Fridolin Ambogo a cherché à démontrer lundi que Jean-Pierre Bemba et sa milice - le Mouvement de libération congolais (MLC) - avaient joué un rôle dans l'établissement « de la paix et de la stabilité » dans la province de l'Equateur, au nord-ouest de la RDC.

Quelque 1 500 hommes du MLC, rébellion dirigée alors par Jean-Pierre Bemba, s'étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé. Ces hommes ont été accusés d’avoir tué, pillé et violé.

Lors du procès, sa défense avait argué qu'il n'y avait « aucune preuve d'un ordre venant de M. Bemba vers ses troupes en Centrafrique » mais les juges ont estimé que par téléphone, radios ou téléphone satellite, Jean-Pierre Bemba, alors en brousse dans le nord-ouest de la RDC, était en « contact constant » avec ses soldats.

AFP

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