Opération Likofi : le gouvernement publie son rapport

Le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur et Sécurité, Evariste Boshab. Radio Okapi/Ph. Innocent Olenga Lumbahee

Le gouvernement de la RDC a publié, mardi 7 juin, le rapport d’évaluation et de contrôle de l’opération «Likofi» contre le banditisme urbain appelé « Kuluna ». Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab a qualifié de «folle rumeur» les rapports d’ONG faisant état d’au moins 51 jeunes tués sommairement et 30 disparus.
 
«J’ai fait contrevérifier ce rapport par trois autres services avant de le rendre public. Voilà pourquoi ç’a pris autant de temps. Il fallait le recoupement nécessaire », a déclaré le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur.
 
L’opération « Likofi » avait été menée entre novembre 2013 et février 2014 à Kinshasa. Elle visait les Kulunas, les jeunes gangsters qui ont commis plusieurs crimes dans la capitale de la RDC. Dans un rapport publié le 15 octobre 2014, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme avait recensé au moins neuf exécutions sommaires qu’il a attribuait aux policiers commis à l’opération Likofi.

«J’avais demandé à toutes les ONG, j’ai demandé au Bureau des droits de l’homme ici à Kinshasa, de venir me déposer la liste des victimes […] mais jusqu’à ce jour, aucune ONG ne m’a déposé une liste. S’il y a une liste, qu’on nous l’oppose maintenant même », a dit le ministre pour expliquer le retard pris dans la publication de ce rapport.
 
Evariste Boshab espère qu’avec la publication de ce rapport, œuvre de l’Inspection générale de la police, les ONG des droits de l’homme seront incitées à revenir sur les accusations «hâtives et gratuites, contredites par les faits ».
 
Le gouvernement a chargé mardi la police de "monter rapidement une nouvelle opération" contre les gangs armés "dans le strict respect des principes cardinaux de la nouvelle doctrine de la police de proximité", a annoncé M. Boshab.
 
Enquête
 
Réagissant à la publication de ce rapport, Human Rights Watch indique dans son communiqué publié le même jour que «si le rapport du gouvernement reconnaît quelques cas d’inconduite policière pendant l’opération, il ne va pas assez loin ».
 
HRW ajoute que le gouvernement ne reconnaît pas l’ampleur totale des abus et n’appelle pas non plus à traduire les principaux responsables en justice.
 
L’ONG internationale de défense droits humains demande que «maintenant que les conclusions du rapport du gouvernement ont enfin été rendues publiques, que les principaux responsables des violences fassent l’objet d’une enquête au pénal et soient poursuivis de manière appropriée».
 

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