Annie Kithima : «Je ne pense pas à moi comme une femme»

Annie Kithima, consultante et experte en télécommunications, lors d'une visite à la rédaction de Radio Okapi Kinshasa en juillet 2016. Photo Tina Salama

Annie Kithima est consultante et experte en télécommunications et dans le secteur d’investissement. Après  son master en droit des affaires  à l’université Georgetown de  Washington, Annie revient en RDC et se met sur le marché de l’emploi. Elle n’y restera pas longtemps et est aussitôt débouchée par une firme américaine à la recherche des bilingues. Elle pense que le fait d’avoir un diplôme dans l’une des  universités prestigieuses du monde et d’être anglophone dans un pays francophone est un atout.

A la question de savoir si la diaspora actuelle a les mêmes chances, elle réagit : «C’est une question d’opportunités, à  l’époque comme aujourd’hui».  

Beaucoup  de Congolais, de par le monde, ont cette chance d’étudier dans un autre cadre et d’apporter leur savoir au pays. Cela pourrait être le type de profil recherché. Elle souhaite que cette possibilité soit quelque chose de  plus fréquent sur le marché.

«Ce n’est pas le fait de passer des heures avec les enfants qui importe… » 

Le retour au pays est important pour tout Congolais ayant évolué à l’étranger,  dans ce sens qu’il permet une réadaptation, selon Annie.

Elle avoue n’avoir jamais subi une hostilité ouverte considérée comme une entrave à sa carrière. Et si c’était arrivé, elle n’aurait  jamais  voulu s’arrêter dessus.

Elle quitte le secteur public et atterrit au privé dans une entreprise de télécommunications de Kinshasa. Après douze ans passés dans différents services, elle finit comme directrice dans le bureau  juridique.

Parlant de cette expérience professionnelle, Annie Kithima affirme:

«Il y a l’aspect féminin de votre être qui vous est rappelé constamment. [Mais], je ne pense pas à moi comme une femme  mais comme une personne.  C’est vrai que le genre nous rattrape dans certaines choses et à ses aspects handicapant;  comme travailler des heures tardives, sur l’encadrement des enfants et autres.»

Elle reconnait les limites liées au rôle d’épouse et de mère en Afrique. «Dans le contexte africain,  c’est encore difficile», témoigne-t-elle. Mais, ce n’est pas impossible d’arriver à bout de ce poids culturel, «surtout si on a un partenaire qui vous aide ou un employé qui pallie à l’absence de la mère travailleuse

Quand on veut faire des choses avec sa famille, selon elle, c’est plus  la qualité qui compte plus que la quantité. «Ce n’est pas de passer le fait des heures avec les enfants qui importe mais ce qu’on fait du peu de temps passé ensemble», soutient-elle.

Des hommes qui ont  peur des femmes diplômées…

Cependant, il existe des hommes qui ont  peur des femmes bardées des diplômes. «Un tel homme a déjà  des problèmes par rapport à sa propre masculinité», indique Annie Kithima. Elle reconnait tout de même des clichés sociaux  négatifs autour des femmes qui travaillent:

«On pense souvent à tort qu’elles ne tiennent par leur intérieur, ne s’occupent pas de l’éducation des enfants…  On doit s’en émanciper et penser premièrement à l’accomplissement de soi-même et pas ce que les gens disent ou pensent de nous.»

D’après elle, il faut de la détermination  à une femme qui veut aller loin. Mais, elle devrait aussi se doter de moyens de ses ambitions.

Elle note que l’ascension d’une femme est bloquée par le regard des autres. Et « ces préjugés viennent souvent des autres femmes», conclut-elle.

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