Le conflit armé a accentué la malnutrition au Kasaï, selon le PAM

Le PAM tire la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la malnutrition dans la grand Kasaï à la suite du conflit armé qu’a connu cette région. De nombreuses contrées ont raté trois saisons consécutives de semis à cause des troubles, qui ont fait des milliers des déplacés, dont certains survivent difficilement dans des familles d’accueil démunies.

Pour faire face à cette situation, le PAM vient en appui à certains centres de santé en mettant à leur disposition des produits nutritionnels, destinés notamment à « des centaines des milliers d’enfants. Nous avons beaucoup de projets qui vont être bientôt lancés [en collaboration avec des ONG locales]. Mais, la difficulté pour nous, c’est l’acheminement de produits nutritionnels spécialisés », a indiqué Mateo Perrone, la chargé des urgences sortant du PAM pour la région du Kasaï.

Ces produits nutritionnels coûtent cher et ne sont pas encore produits en RDC, selon lui. Leur acheminement jusque dans les villages reculés prend du temps. Néanmoins, quelques stocks déjà disponibles dans les entrepôts du PAM à Kananga et Tshikapa pourraient déjà servir au démarrage de certains projets nutritionnels, a estimé la même source.

M. Perrone affirme que la situation nutritionnelle est alarmante :

« Le taux de malnutrition au Kasaï est parmi les plus élevés au Congo […] La situation est assez difficile. Et ça nous inquiète énormément ! C’est pour cela aussi que nous essayons de travailler en parallèle avec nos distributions alimentaires et la nutrition pour effectivement donner du support aux familles en termes de nourriture afin de prévenir la malnutrition et, après, intervenir avec les produits nutritionnels spécialisés quand il le faut »     

Images émouvantes au centre Lumuka

Grace à l’appui du PAM en collaboration avec l’ONG ADRA, 137 enfants souffrant de malnutrition modérée suivent leur traitement au centre de santé Lumuka dans l’aire de santé Samy I – Kanzala au quartier Samy II à Tshikapa.

Plusieurs autres enfants malnutris ont été dépistés dans l’aire de santé. Mais, « il n’y a pas d’intrants » pour les prendre tous en charge », affirme le responsable de ce centre de santé, Eric Lumu. En outre, selon lui, plus de deux cents femmes enceintes et allaitantes malnutries sont également traitées dans le même centre.

L’insécurité alimentaire gagne du terrain dans cette région, récemment secouée par des affrontements entre les forces de l’ordre et les miliciens Kamuina Nsapu ainsi que par des violences tribales.

Le chef du quartier Samy II, Léon Mukenge, dit avoir recensé « 2705  personnes déplacées, dont plusieurs orphelins». Selon lui, ces personnes sont arrivées dans son entité dépouillées de tout et elles manquent de nourriture.

Léon Mukenge appelle à une aide urgente :

«Je demande aux autorités et les ONG de venir au secours de cette population de Samy. Elle est en détresse, et manque de quoi manger, boire, se vêtir et de se faire soigner. Aux centres de santé, les enfants malnutris ne sont pas bien servis, à cause de l’insuffisance de produits nutritionnels. Le corps médical, qui reçoit ces enfants, n’est pas bien payé. Et il manque même des lits dans leurs établissements pour héberger les patients».

Depuis leur arrivée dans ce quartier, il y a plusieurs mois, les déplacés n’ont pas encore reçu l’assistance des autorités congolaises, a-t-il affirmé.

« J’ai écrit à plusieurs reprises aux autorités hiérarchiques compétentes pour leur faire part de la situation. Je leur ai transmis les rapports de recensement. Mais, à ce jour, aucune réponse n’a été réservée à mes correspondances, même dans le sens d’apporter un appui à ces déplacés », a déploré Léon Mukenge. 

Action humanitaire conjuguée

Pourtant, l'aide alimentaire ne parvient pas à combler le vide créé par le raté des trois saisons consécutives de semis dans cette région où la famine menace des millions de personnes, d’après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le Fonds des Nations unies pour l'enfance et le Programme alimentaire mondial.

Dans un communiqué conjoint publié mercredi 17 janvier à Kinshasa, ces trois agences onusiennes indiquent que sur 3,2 millions de personnes souffrant d'insécurité alimentaire grave au Kasaï, «seulement 400.000 ont reçu une aide en décembre» 2017.

«Au moins 400.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë sévère. Ils risquent de mourir, à moins de recevoir de toute urgence une aide en matière de santé, d'eau, d'assainissement et de nutrition », s’est alarmé Tajudeen Oyewale, le représentant par intérim de l'UNICEF en RDC.

De son côté, le Représentant du PAM en RDC, Claude Jibidar, s’inquiète du fait que «les ressources [libérées par les donateurs] sont très insuffisantes, au regard de l'ampleur de la souffrance humaine» au Kasaï.

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