RDC : Leïla Zerrougui plaide pour un plus grand rôle des femmes congolaises en politique

En cette année électorale en République démocratique du Congo (RDC), les femmes congolaises ont un rôle important à jouer dans l’espace politique pour contribuer à la stabilisation du pays, a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Leïla Zerrougui, dans un entretien accordé à ONU Info.

Reportée à plusieurs reprises depuis 2016, l’élection présidentielle doit avoir lieu le 23 décembre 2018 en même temps que les élections législatives. Ce scrutin présidentiel devrait donner un remplaçant au Président Joseph Kabila, qui occupe ce poste depuis 2001 et n’est pas autorisé par la Constitution à se représenter.

« L’année 2018 est une année charnière pour la RDC », souligne Mme Zerrougui, qui est également la chef de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). « Pour la première fois dans ce pays, on a un Président qui ne se représente pas (…) on se prépare à un transfert pacifique du pouvoir, chose qui n’est pas arrivée dans ce pays en 57 ans d’indépendance ».

L’ONU fera tout ce qui est en son pouvoir pour faire en sorte que ces élections soient « les élections de la stabilité, de la joie, de la confiance dans l’avenir » et que les groupes armés et « tous ceux qui sont tentés par la déstabilisation dans ce contexte électoral » ne fassent pas dérailler ce processus, ajoute-t-elle.

21 millions de Congolaises enregistrées pour les élections

La Représentante spéciale rappelle que 46 millions de Congolais se sont enregistrés pour les élections à venir, manifestant un « désir d’aller aux élections ». Et parmi ces électeurs enregistrés, 47% sont des femmes, soit 21 millions de personnes « qui ont été faire la queue, malgré les risques » pour pouvoir aller voter.

« Je crois que c’est une force extraordinaire », estime Mme Zerrougui, rappelant le rôle des femmes pour obtenir la conclusion de l’Accord du 31 décembre 2016 entre la majorité et l’opposition sur le transfert pacifique du pouvoir et la consolidation de la stabilité en RDC. « Avec tout ce qu’elles ont vécu, les femmes congolaises ont toujours été présentes ».

« A la différence de certains autres contextes, les femmes congolaises sont dans la rue, elles travaillent », ajoute-t-elle. « Elles subissent la violence, mais elles sont là. Elles ne sont pas enfermées à la maison. Elles ne sont pas entretenues. Elles travaillent, elles s’imposent, elles manifestent et elles peuvent faire la différence. Il suffit de leur donner cet espace » politique.

Selon la chef de la MONUSCO, les Nations Unies vont tout faire pour que les femmes puissent bénéficier de cet espace politique : « Nous n’avons pas le droit de décevoir les femmes congolaises ».

Important qu’une femme soit à la tête de la MONUSCO

Selon Leïla Zerrougui, il est important pour les femmes congolaises de voir une femme à la tête de la MONUSCO, « une femme qu’elles peuvent aborder, une femme qu’elles peuvent appeler le soir. J’espère ne pas les décevoir, et être à la hauteur », ajoute-t-elle.

Ressortissante de l’Algérie, Leïla Zerrougui a pris ses fonctions à la tête de la MONUSCO en février 2018, succédant à Maman Sidikou. Experte juridique en matière des droits de l’homme et de l’administration de la justice, elle a déjà travaillé en RDC par le passé, en tant que Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général de 2008 à 2012, une période au cours de laquelle elle dirigeait les efforts visant à renforcer l’Etat de droit et la protection des civils.

« J'ai passé quatre ans dans ce pays en tant que Représentante spéciale adjointe à un moment de grand défi, mais en même temps (…) j'ai aussi vu comment l'ONU peut faire la différence dans la vie de personnes qui traversent des conditions difficiles », souligne-t-elle. « Alors, quand on m'a offert l'opportunité de revenir, même si le contexte est très difficile - les élections ont lieu cette année – j’ai pensé que peut-être, à cause de mon expérience dans le passé, je pourrais contribuer un peu et aider les gens à stabiliser le pays ».

Selon l’envoyée de l’ONU, il faut davantage de femmes à la tête d’opérations de maintien de la paix. « Je pense qu'il est important d'avoir des femmes dirigeantes dans ce contexte particulier » pour « changer l’état d’esprit et se concentrer davantage sur les victimes », estime-t-elle. « Je ne dis pas que les hommes n'ont pas cette compassion et n'ont pas cette perspective mais parfois il est bon d'apporter l'état d'esprit d'une femme ».

Avec ONU info

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