Lubero : la société civile dénonce les tracasseries militaires

La société civile de Kamandi dans le territoire de Lubero (Nord-Kivu) a dénoncé lundi 26 juillet la "tracasserie organisée par les militaires FARDC" déployés sur la côte ouest du Lac Édouard depuis l’instauration de l’état de siège.

Selon le président de cette structure citoyenne, Sami Sakumi, ces militaires, qui contrôlent plusieurs villages situés sur la côte ouest du lac Edouard, perçoivent hebdomadairement 25.000 francs congolais (12.5 USD) de taxe auprès de chaque pêcheur de la zone.

Avant l’état de siège, précise-t-il, ces militaires percevaient par semaine 15.000 francs auprès de chaque pêcheur. Avec le déploiement d’autres éléments FARDC dans la région depuis l’effectivité de l’état de siège, une somme de 10.000 francs est aussi prélevée "pour faire face à l’état de siège", disent ces militaires.

Sans compter les groupes Mai-Mai, qui perçoivent eux aussi 30.000 francs chaque semaine auprès de chaque pêcheur de la zone.

Sami Sakumi estime qu'il s’agit d’une tracasserie organisée:

« Une petite pirogue est en train de payer au moins 55.000 à 60.000 francs congolais, dont 25.000 francs chez les militaires FARDC et les 30.000Fc chez les Mai-Mai. Alors, nous nous posons la question: comment les militaires, qui devraient nous aider à éradiquer les groupes armés et à décourager la pêche illicite sur le Lac Edouard, commencent encore à demander de l’argent et à tracasser même les pêcheurs ? »

Il ajoute qu'« une fois que tu ne paies pas, tu es emprisonné. Ils sont en train de dire que c’est l’état de siège, si le militaire te dit une chose et que tu refuses, on t’emprisonne ». 

Sami Sakumi en appelle à l’aide des membres du gouvernement:

« Alors, nous appelons le gouvernement à nous aider surtout à contrôler leurs militaires qui sont déployés ici. Nous continuons à réclamer toujours que l’état de siège fasse son travail. Ils ne sont pas venus ici pour tracasser la population ».

 Contacté par Radio Okapi, l’administrateur du territoire, colonel Donat Ndonda Mandonga, dit ignorer cette situation. Pour lui, ceux qui perçoivent des taxes sont plutôt des agents de l’environnement mais qui ont été déployés avec les forces de l’ordre pour leur sécurité. Toutefois, il promet de s’informer davantage sur ces allégations.

 

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