Deuxième journée de paralysie des activités à Butembo


La ville de Butembo a connu ce mardi 26 avril sa deuxième journée de paralysie d’activités socioéconomiques, contrairement à d’autres entités de cette partie Grand-Nord du Nord-Kivu, où tout se déroule normalement.

Au cours de cette deuxième journée de villes mortes, les boutiques, magasins et officines pharmaceutiques notamment sont restés fermés au centre commercial de Butembo. Il en est de même de certaines écoles.  

Au marché central, quelques vendeurs ont été présents. La circulation, elle, est restée timide. Cette situation a indigné certains vendeurs ambulants rencontrés.

Kavira, la quarantaine, est une vendeuse de légumes et de fruits en provenance de Maboya dans le territoire de Beni.
Elle se désole de cette paralysie d’activités, parce qu’elle n’arrive pas à évacuer ses produits :  

« Avec ces journées villes mortes, nous souffrons beaucoup ! Nous demandons à Dieu de nous aider à mettre fin à l’insécurité et aux organisateurs de ces journées de penser aussi à nous, parce qu’avec ça, la faim va aussi nous faire souffrir énormément. Nous sommes en ville, les gens viennent de partout pour se concentrer ici. Nous vivons de nos petites activités quotidiennes, mais là ça ne marche pas. Je suis venue avec mes marchandises depuis samedi, mais jusqu’aujourd’hui je ne les vends pas, ça commence à se détériorer et nous les jetons à la poubelle parce qu’il n’y a pas moyen de les vendre par manque de clients. » 

La paralysie de Butembo fait suite à l’appel de certains groupes de pression à observer deux journées villes mortes lundi et mardi pour réclamer la fin de l’état de siège qu’ils jugent inefficace. 

Le coordonnateur provincial de la société civile du Nord-Kivu, Edgard Mateso qui soutient également la levée de l’état de siège, désapprouve cependant cette démarche des organisateurs de ces journées villes mortes, qui font encore souffrir la population sous une autre forme :

 « Lorsqu’il faut procéder par une sorte d’auto-flagellation, c’est-à-dire nous menons des actions contre nous-mêmes pour demander à l’Etat d’agir en notre faveur, en ce moment-là, nous pensons qu’il y a lieu de renforcer d’autres mécanismes, parce que lorsque nous demandons à nos enfants de ne pas aller à l’école, lorsque nous cassons nos kiosques, lorsque nous brulons notre route, nous brulons des pneus, nous demandons à nos parents de ne pas travailler parce que nous demandons à ce que l’on mette fin à l’état de siège, nous pensons que cette stratégie n’est pas bonne. » 

En revanche, dans d’autres entités notamment la ville de Beni, ce mot d’ordre n’a pas été suivi et tout se déroule normalement. 

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