« La population de Beni commence à réclamer la présence de la MONUSCO dans la ville », déclare le maire de Beni 

« Nous sommes obligés de travailler ensemble. Je puis vous dire que la population commence à réclamer la MONUSCO. Pas plus tard que la nuit dernière lors de l'incendie qui a ravagé le marché de Mayangose, le quatrième incendie en l'espace d'une semaine. Vous pouvez reprendre lentement vos déplacements dans la ville où vos actions en faveur des populations sont visibles et appréciées », a déclaré le maire policier de la ville de Beni, le commissaire supérieur principal Narcisse Muteba, ce jeudi 12 janvier à Beni. 

 

Le commissaire supérieur principal Narcisse Muteba a fait cette déclaration à l’occasion d’une rencontre avec le chef de bureau intérimaire de la MONUSCO, Abdourahamane Ganda. Cette rencontre portait notamment sur les grandes lignes de la dernière Résolution du Conseil de sécurité des Nations unies sur la RDC, prorogeant le mandat de la MONUSCO. 

Il s’agissait par ailleurs d’explorer ensemble la possibilité de reprise des mouvements de la MONUSCO à travers la ville et voir comment améliorer la collaboration (déjà bonne) entre les deux partenaires. 

  

La MONUSCO doit continuer à travailler… 

  

« Nous avons travaillé avec la MONUSCO depuis mon arrivée à la tête de cette ville, et notre collaboration avec la MONUSCO a toujours été parfaite. Nous sommes en contact permanent et quotidien, il n’y a pas de problème entre nous et la MONUSCO », a témoigné la même source.  

La situation liée a la suspension des patrouilles de la MONUSCO dans la ville de Beni, selon le maire, « est contrôlée par les autorités, et bientôt, nous serons fixés, nous aurons des réponses venant de la hiérarchie. C’est une situation qui ne dépend pas de nous, bientôt là, il y aura de nouvelles mesures. Il y a de l’espoir, la MONUSCO est là, on vient de renouveler son mandat ; nous sommes en train de travailler avec la MONUSCO, si ça n’était pas possible, on n’allait pas renouveler son mandat ».  

Il a par ailleurs demandé a la population locale de « comprendre que la MONUSCO a été invitée en RDC par le gouvernement. C’est le gouvernement qui gère le pays, c’est le président de la République qui est le garant des Institutions : nous attendons et allons suivre ce que le Président ou le que le gouvernement nous dira de faire. Jusque-là, la MONUSCO est là et la MONUSCO doit travailler ». 

  

C’est depuis les dernières manifestations anti-MONUSCO de juillet et août 2022 que la Mission onusienne a décidé de suspendre tous ses mouvements de et vers le centre-ville de Beni au Nord-Kivu. Ce qui limite considérablement l’exécution de son mandat, surtout dans le cadre de la protection des civils.  

A la faveur de la relative accalmie qui s’observe dans cette partie du territoire depuis quelques mois, une reprise graduelle des mouvements de la MONUSCO est désormais envisagée. 

Abdourahamane Ganda s’est félicité de la bonne entente avec l'autorité urbaine et formé le vœu que « cette bonne collaboration » puisse se poursuivre et se renforcer en 2023. Il a enfin invité les habitants à ne pas se fier aux rumeurs qui ont souvent empoisonné les relations avec la MONUSCO qui, selon lui, n’est ici que pour appuyer les autorités à lutter contre les groupes armés, et donc à ramener la paix dans cette partie du territoire national : 

« Nous espérons et nous n’avons pas de doute que la collaboration qui est très bonne continue avec eux. Mais aussi, nous espérons qu’au niveau de la population, les opinions évoluent pour que nous puissions continuer à travailler main dans la main avec la population pour améliorer les conditions de sécurité et de stabilisation ». 

Jean Tobie Okala

Lire aussi sur radiookapi.net: