Le Phare : « Phénomène Mobondo : les Congolais veulent voir clair »

Revue de presse kinoise du mardi 30 décembre 2025.

La plupart des journaux parus ce mardi dans la capitale congolaise reviennent sur le phénomène « Mobondo », qui prend de l’ampleur dans la partie Ouest du pays, notamment dans les provinces du Kwilu, Kwango, Maï-Ndombe, Kongo-Central et Kinshasa.

Débutons avec Le Phare, qui estime que ce phénomène, pris avec une moindre considération par rapport aux massacres que ne cesse de perpétrer la rébellion de l’AFC-M23 dans l’Est du pays, prend de plus en plus des allures inquiétantes ! Du coup, fait savoir ce quotidien, les Congolais s’interrogent sur l’identité de ceux qui entretiennent ce phénomène qui s’installe dans la durée, ainsi que sur leurs revendications, demeurées à ce jour inconnues du grand public. Ce portail précise que ce phénomène devient d’autant plus préoccupant lorsqu’on se réfère aux informations sensibles ressorties des déclarations faites dimanche dernier par le porte-parole des opérations « Ngama » (la paix en langue kikongo), le capitaine Anthony Mwalushayi.

Infos 27, qui enchaîne, souligne que les Forces armées de la République démocratique du Congo ont mis en garde contre une dynamique jugée particulièrement préoccupante dans le territoire de Kwamouth, province du Maï-Ndombe. Selon l’armée, signale ce tabloïd, la milice Mobondo ne se contente plus d’actions armées sporadiques, mais occupe durablement des villages, chasse les populations autochtones, rebaptise les localités et tente d’imposer une nouvelle lecture territoriale et identitaire. Cette situation, fait remarquer ce portail, documentée par les opérations militaires dans l’espace Grand Bandundu et confirmée par des chefs coutumiers déplacés, s’accompagnerait de liens opérationnels avec des groupes rebelles actifs dans l’Est du pays et de soutiens politiques opérant en arrière-plan. À travers cette prise de parole inhabituelle par sa fermeté, révèle ce quotidien, l’armée entend poser une ligne rouge : la sécurité nationale, l’intégrité du territoire et l’autorité de l’État ne sauraient être sacrifiées à des calculs politiques, alors que la menace se rapproche dangereusement de Kinshasa.

Selon La Référence Plus, l’armée congolaise ne la qualifie plus de « milice », mais plutôt de « rébellion ». Dans les colonnes de ce quotidien, l’armée congolaise avance désormais une explication sensible : le mouvement Mobondo bénéficierait de soutiens provenant de proches du pouvoir. Cette accusation, écrit ce portail, est portée publiquement par le porte-parole des opérations « Ngemba » dans l’Ouest du pays, le capitaine Anthony Mwalushayi, qui s’est exprimé le 28 décembre devant la presse à Kikwit. Dans ses déclarations, reprises par ce tabloïd, cet officier militaire affirme : « Quels que soient les caprices, quels que soient les messages qu’ils peuvent partager pour amener les autorités à se désengager de ces opérations, l’armée va traquer jusqu’au dernier Mobondo ».

En RDC, rappelle Le Potentiel, l’insécurité qui gangrène l’Ouest du pays franchit un nouveau seuil d’alerte. Selon ce quotidien, ce qui était jusqu’ici présenté comme une crise localisée autour de la milice Mobondo prend désormais une dimension politique et institutionnelle majeure. Ce portail précise que les récentes accusations de l’armée congolaise, mettant en cause des proches du pouvoir soupçonnés de soutenir, voire de piloter ce mouvement armé, constituent des révélations d’une extrême gravité qui ne sauraient être traitées à la légère. À mesure que la violence se rapproche de Kinshasa, rapporte ce portail, ces alertes posent avec acuité la question des complicités internes et de la capacité de l’État à faire respecter l’autorité de la loi.

Sur un autre chapitre, La Vraie Thématique note que la RDC dispute son 3e et dernier match de la phase des groupes ce mardi 30 décembre face au Botswana au stade de Rabat, dans le cadre de la CAN Maroc 2025. Cet hebdomadaire signale que les Léopards de la RDC gardent intactes leurs chances de qualification pour le 2e tour et qu’il ne leur suffira que de prendre un minimum d’un point devant les Zèbres du Botswana. Cependant, poursuit ce portail, il faudra éviter les mauvaises surprises en allant chercher la victoire, ce qui serait bien évidemment préférable.