La République Démocratique du Congo observe depuis le mois d'octobre 2025 une dépréciation du dollar américain face au franc congolais (CDF).
Selon le taux indicatif de la Banque Centrale du Congo (BCC) au 6 février, un dollar américain s'échange à 2 175 CDF, contre près de 2 900 CDF fin août 2025.
Malgré cette appréciation significative de la monnaie nationale, le coût de la vie ne baisse pas pour autant.
Si cette situation monétaire est avantageuse pour certains acteurs économiques, le pouvoir d'achat de la population reste une préoccupation majeure.
Des prix qui résistent à l'appréciation monétaire
Le paradoxe est frappant : alors que la devise américaine perd de sa valeur, les prix des biens de consommation ne suivent pas la même tendance. Le carburant en est l'exemple le plus notable, avec un litre se négociant toujours à 2 440 CDF.
Les consommateurs ressentent ce décalage au quotidien, notamment dans les transports en commun dont les tarifs n'ont pas diminué malgré la stabilisation du taux de change. Pour de nombreux Kinois, la baisse du dollar sur le marché des changes ne se traduit pas par une réduction de leurs dépenses quotidiennes.
Spéculation et faible production locale
Interrogé sur ce phénomène, l'analyste économique Mathieu Takazala explique cette situation par la structure même de l'économie congolaise, caractérisée par une faible formalisation. Selon lui, deux facteurs principaux expliquent pourquoi les prix restent élevés :
La baisse de la production locale : La dépendance aux importations rend les prix sensibles à d'autres facteurs que le seul taux de change.
La spéculation : Certains opérateurs économiques maintiennent artificiellement des prix élevés pour maximiser leurs marges.
La situation actuelle met en lumière la nécessité de politiques économiques structurelles visant à booster la production locale pour véritablement impacter le pouvoir d'achat des ménages.






