
Les journaux parus ce jeudi 14 mai à Kinshasa reviennent principalement sur deux sujets qui dominent l’actualité politique et diplomatique : d’une part, les débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution, perçue par plusieurs acteurs comme une tentative d’ouvrir la voie à un troisième mandat pour le président Félix Tshisekedi ; d’autre part, la position du président français Emmanuel Macron, qui privilégie le dialogue entre Kinshasa et Kigali plutôt qu’un durcissement des sanctions contre le Rwanda.
Macron privilégie le dialogue avec Kigali
La Référence Plus titre : « Un dialogue plutôt que des sanctions envers le Rwanda »
Le journal rapporte les déclarations d’Emmanuel Macron sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Interrogé sur l’éventualité de sanctions européennes contre Kigali, accusé de soutenir le M23, le président français s’est montré réservé.
« Si aujourd’hui tout le monde se précipite sur les sanctions parce que les Américains l’ont fait et met le Rwanda au ban, il y a peu de chances qu’on convainque Kigali d’avoir une politique coopérative », a déclaré Emmanuel Macron, plaidant plutôt pour un dialogue direct entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
Le Potentiel : Désamorçage de la crise Kinshasa-Kigali : Paris croit encore en la voie diplomatique
Dans la même dynamique, Le Potentiel estime que Paris continue de croire à la voie diplomatique pour désamorcer la crise entre Kinshasa et Kigali. Le quotidien souligne que, contrairement aux États-Unis qui ont adopté des sanctions ciblées contre certains responsables rwandais, la France privilégie le maintien des canaux de discussion afin d’éviter une rupture totale avec Kigali.
Le journal note également que cette position française suscite des interrogations en RDC, où plusieurs voix réclament des sanctions internationales plus fermes contre le Rwanda. Pour Emmanuel Macron, cependant, une multiplication des sanctions risquerait de compliquer davantage les efforts diplomatiques en cours.
Paris mise ainsi sur une médiation impliquant directement Félix Tshisekedi et Paul Kagame, avec l’appui des médiateurs régionaux, de l’Union africaine et des partenaires internationaux.
Constitution : un débat de plus en plus explosif
Sur le front politique intérieur, plusieurs journaux reviennent sur les réactions suscitées par les discussions autour d’un éventuel changement de la Constitution.
Forum des As : Changement de la Constitution: « le moment est favorable », estime Ejiba Yamapia
Forum des As rapporte que le président de l’Église de réveil du Congo, Ejiba Yamapia, estime que « le moment est favorable » pour engager une refonte de la loi fondamentale. Lors d’une conférence de presse à Kinshasa, le responsable religieux a affirmé qu’un sondage mené par le forum des intellectuels de son église montrerait que 80 % des personnes interrogées soutiennent un changement de Constitution.
Le tabloïd précise toutefois qu’aucune information n’a été fournie sur la méthodologie utilisée ni sur la taille de l’échantillon consulté. Ejiba Yamapia a également annoncé la création prochaine d’une « Coalition citoyenne pour la nation », chargée de sensibiliser la population à la nécessité d’une réforme constitutionnelle.
Le Potentiel : Constitution : L'appel d'Ejiba Yamapia amplifie les soupçons
De son côté, Le Potentiel estime que cet appel amplifie les soupçons autour d’un débat davantage politique que constitutionnel. Le journal souligne qu’aucune disposition précise de la Constitution n’a été évoquée par les partisans du changement, alimentant ainsi les critiques de l’opposition et d’une partie de la société civile.
Le quotidien cite notamment une déclaration du pasteur Moïse Mbiye, largement relayée sur les réseaux sociaux :
« J’ai demandé à un des pasteurs qui soutenaient ce projet quel article devait changer. Il m’a répondu : “Je ne sais pas, mais ça doit changer pour accompagner le chef de l’État.” »
L’Observateur : changement de la Constitution : La RDC bientôt dans une zone de turbulence
Enfin, L’Observateur estime que la RDC pourrait entrer dans une zone de turbulences politiques après les déclarations de Félix Tshisekedi évoquant un éventuel troisième mandat « si le peuple le demande ». Le journal rappelle les réactions de plusieurs opposants, notamment Martin Fayulu, Delly Sesanga et les proches de Moïse Katumbi, qui rejettent toute modification de la Constitution susceptible de prolonger le mandat présidentiel.







