Kinshasa-Brazzaville : la traversée du fleuve Congo désormais conditionnée par un visa

L’embarquement au Beach principal de la Société Commerciale de Transports et de Ports (SCTP ex-Onatra) pour Brazzaville le 19/02/2013 à Kinshasa-Gombe. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Les ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) devront désormais se munir d’un visa pour se rendre au Congo-Brazzaville, en plus du laissez-passer exigé jusque là. C’est ce qu’ont décidé samedi 17 mai les autorités de la République du Congo.

Le cabinet du responsable de la Direction générale des migrations (DGM) à Kinshasa a indiqué que cette mesure est entrée en vigueur depuis le dimanche. Le service de migration de la RDC dit avoir été verbalement informé samedi par les autorités brazzavilloises.

En réaction, les autorités de la RDC ont décidé de prendre la même mesure. Depuis le lundi 19 mai, les ressortissants du Congo-Brazzaville doivent disposer d’un visa dans leur passeport pour venir en République démocratique du Congo.

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Kinshasa et Brazzaville sont les capitales les plus proches du monde. A ce jour, il n’existe pas de vols commerciaux pour relier les deux capitales. Les habitants de ces deux villes recourent aux embarcations pour traverser le fleuve Congo qui sépare les deux capitales.

Ces mesures sont prises alors que les relations entre Kinshasa et Brazzaville ne sont pas au mieux. La République du Congo a expulsé environ quatre-vingt mille ressortissants de la RDC depuis le mois d’avril. Officiellement, ces expulsions sont effectuées dans le cadre de l’opération « Mbata ya bakolo » (gifle des aînés, en français) menée pour refouler les immigrés clandestins.

Mais les conditions d’expulsions de ces personnes sont déplorées par des ONG et les autorités de la RDC. Au cours du compte-rendu du conseil de ministres tenu mardi 6 mai à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement congolais a indiqué que les expulsés de Brazzaville sont victimes d’exactions, d’extorsions, des tortures et des lynchages.

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